Table des
matières
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1. Au bord de la ruine
2. Betty
3. Ca c'est ma fin de boîte à musique
4. Christelle et son Papy
5. Dis merci
6. Elle est bonne la sauce à mamie
7. Jean-Paul a fait le mauvais choix
8. J'étais un bel oiseau blanc
9. Julie et la friteuse
10. La bombe
11. La bougie
12. La bouteille
13. La brosse
14. La concurrence
15. La cuisinière
16. La danse du Taissotin
17. La désobéissance
18. La détente
19. La machine à café
20. La maladie
21. La mémoire
22. La panne
23. La pétanque
24. La pomme de terre
25. La récidive
26. La réfection de la chaussée
27. La rénovation de N.Dame de Taissy
28. La réquisition
29. La serveuse
30. La souris
31. L'adjudant(e)
32. L'alcool
33. L'animal et ses ennuis
34. L'arnaqueur emprisonné
35. Le baby-foot
36. Le bain
37. Le billard
38. Le bricolage
39. Le briquet
40. Le bronzage
41. Le cardiologue
42. Le carton
43. Le cendrier
44. Le champagne
45. Le chapeau
46. Le char des mariés
47. Le château
48. Le chocolat
49. Le clown
50. Le collier
51. Le courrier
52. Le couvert
53. Le crayon
54. Le démarcheur
55. Le déménagement
56. Le dentiste
57. Le diplômé
58. Le disque
59. Le flipper
60. Le formateur
61. Le gendarme
62. Le guichetier
63. Le lac
64. Le maçon
65. Le maire
66. Le maquillage
67. Le mini-golf humoristique
68. Le miroir
69. Le moulin
70. Le pain
71. Le papy et la Sécu
72. Le petit paradis
73. Le plancher
74. Le politicien
75. Le pourboire
76. Le premier avril des gendarmes
77. Le quatorze juillet
78. Le repas
79. Le réveil
80. Le réveillon
81. Le rouge
82. Le sapin et la brioche
83. Le séminaire
84. Le soleil
85. Le soutien-gorge
86. Le stylo
87. Le sucre
88. Le Taissotin
89. Le tricheur
90. Le tuyau
91. Le ver de terre
92. L'eau
93. L'école
94. L'égalité
95. L'énergie
96. L'entretien
97. Les chaussures
98. Les cheveux
99. Les clés
100. Les cuillères
101. Les fans
102. Les jumeaux
103. Les lunettes
104. Les malheurs de Pierre
105. Les perruches
106. Les ponts
107. Les poupées
108. Les quilles savoyardes
109. Les tartines
110. Les vacances de Denis
111. Les vacances mouvementées de papy
112. Les vitamines
113. Les voyages
114. Les yeux
115. L'étranger
116. L'évolution
117. L'habit
118. L'homme
119. L'horloge
120. L'ignoble contremaître
121. L'infirmière
122. L'inoubliable retour
123. L'insomnie
124. Ma langue
125. Ma poulette
126. Marc et ses protégées
127. Martine et le régime
128. Mes professeurs
129. Mon journal
130. Nicolas et le potiron
131. Nicolle tombe dans l'avaloir
132. Notre bon vieux bus
133. Pauvre artisan
134. Petite bouchère
135. Petite postière
136. Prémonition et coïncidences
137. Quand le chasseur devient shérif
138. Raymond
139. Rideau
140. Rosalie et l'achat fantôme
141. Sa maison
142. Sa rentrée
143. S'il n'y avait plus
144. Solange et l'agence postale
145. Tatie et les "duduches"
146. Ton métier
147. Un nouveau virus
148. Une traversée spectaculaire
------ *** ------
1. Au bord de la ruine
2. Betty
3. Ca c'est ma fin de boîte à musique
4. Christelle et son Papy
5. Dis merci
6. Elle est bonne la sauce à mamie
7. Jean-Paul a fait le mauvais choix
8. J'étais un bel oiseau blanc
9. Julie et la friteuse
10. La bombe
11. La bougie
12. La bouteille
13. La brosse
14. La concurrence
15. La cuisinière
16. La danse du Taissotin
17. La désobéissance
18. La détente
19. La machine à café
20. La maladie
21. La mémoire
22. La panne
23. La pétanque
24. La pomme de terre
25. La récidive
26. La réfection de la chaussée
27. La rénovation de N.Dame de Taissy
28. La réquisition
29. La serveuse
30. La souris
31. L'adjudant(e)
32. L'alcool
33. L'animal et ses ennuis
34. L'arnaqueur emprisonné
35. Le baby-foot
36. Le bain
37. Le billard
38. Le bricolage
39. Le briquet
40. Le bronzage
41. Le cardiologue
42. Le carton
43. Le cendrier
44. Le champagne
45. Le chapeau
46. Le char des mariés
47. Le château
48. Le chocolat
49. Le clown
50. Le collier
51. Le courrier
52. Le couvert
53. Le crayon
54. Le démarcheur
55. Le déménagement
56. Le dentiste
57. Le diplômé
58. Le disque
59. Le flipper
60. Le formateur
61. Le gendarme
62. Le guichetier
63. Le lac
64. Le maçon
65. Le maire
66. Le maquillage
67. Le mini-golf humoristique
68. Le miroir
69. Le moulin
70. Le pain
71. Le papy et la Sécu
72. Le petit paradis
73. Le plancher
74. Le politicien
75. Le pourboire
76. Le premier avril des gendarmes
77. Le quatorze juillet
78. Le repas
79. Le réveil
80. Le réveillon
81. Le rouge
82. Le sapin et la brioche
83. Le séminaire
84. Le soleil
85. Le soutien-gorge
86. Le stylo
87. Le sucre
88. Le Taissotin
89. Le tricheur
90. Le tuyau
91. Le ver de terre
92. L'eau
93. L'école
94. L'égalité
95. L'énergie
96. L'entretien
97. Les chaussures
98. Les cheveux
99. Les clés
100. Les cuillères
101. Les fans
102. Les jumeaux
103. Les lunettes
104. Les malheurs de Pierre
105. Les perruches
106. Les ponts
107. Les poupées
108. Les quilles savoyardes
109. Les tartines
110. Les vacances de Denis
111. Les vacances mouvementées de papy
112. Les vitamines
113. Les voyages
114. Les yeux
115. L'étranger
116. L'évolution
117. L'habit
118. L'homme
119. L'horloge
120. L'ignoble contremaître
121. L'infirmière
122. L'inoubliable retour
123. L'insomnie
124. Ma langue
125. Ma poulette
126. Marc et ses protégées
127. Martine et le régime
128. Mes professeurs
129. Mon journal
130. Nicolas et le potiron
131. Nicolle tombe dans l'avaloir
132. Notre bon vieux bus
133. Pauvre artisan
134. Petite bouchère
135. Petite postière
136. Prémonition et coïncidences
137. Quand le chasseur devient shérif
138. Raymond
139. Rideau
140. Rosalie et l'achat fantôme
141. Sa maison
142. Sa rentrée
143. S'il n'y avait plus
144. Solange et l'agence postale
145. Tatie et les "duduches"
146. Ton métier
147. Un nouveau virus
148. Une traversée spectaculaire
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1
Au bord de la ruine
Des acheteurs qui n’ont plus d’argent,
des ouvriers sans aucun boulot,
des carnets de commande à zéro,
voilà la peste de notre temps.
Toutes les branches ne meurent pas,
mais toutes, tour à tour, sont frappées.
Pour annoncer ses difficultés,
le président d’une société
avait eu cette idée d’inviter
tout son petit monde à un repas.
« Nous n’avons pas su évoluer,
les caisses de notre société
ne permettent plus de vous régler,
mais l’usine peut être sauvée
car l’État accepte d’acheter,
si un responsable est licencié.
Puisque c’est moi qui ai tout ruiné
en ne sachant pas moderniser,
j’ai décidé de me proposer.
J’aimerais toutefois écouter
ce que chacun peut se reprocher
et, à la fin, je vous quitterai »
Sa secrétaire fort bien payée,
qui ne pense qu’à le conserver,
se place aussitôt à ses côtés
et déclare à toute l’assemblée :
« C’est parce que d’autres ont dispersé
tout l’argent que vous faisiez rentrer ! »
Ni du comptable, ni du gardien,
toutes les erreurs on ne retint,
mais quand arriva le balayeur,
timide, rouge et tremblant de peur,
l’atmosphère est très vite montée
lorsque celui-ci a avoué :
« Une seule fois j’ai dû fauter,
car je ne suis pas allé vider
le gros cendrier du directeur
et suis parti un peu avant l’heure »
Ce minable petit ouvrier,
qui n’avait pas bien fait son métier,
fut par tous, de suite désigné
comme celui qui devait payer.
La mégère a même insisté
pour qu’il soit, sur-le-champ, renvoyé.
Hélas, toujours d’actualité,
la morale est très simple à tirer :
Ce n’est pas toujours le plus fautif
que la justice va condamner,
car parfois, quelques très grands pontifes
coupables, sont trop vite oubliés.
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2
BETTY
Un gentil minois fort charmant
qui nous sourit assez souvent,
deux ballons bien proportionnés
que l'on ne peut que deviner,
un postérieur mis en valeur
sous la blouse blanche fermée,
Betty n'a pas beaucoup grandi,
mais chez elle, tout nous séduit.
Avec ce manipulateur
formé pour nous radiographier,
tout est parfait pour oublier
ces maux que l'on doit supporter.
Mais lorsque ce n'est pas Betty,
nous sommes quand même ravis
de voir ces filles dévouées
s'activer pour nous soulager.
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3
Ca c’est ma fin
de boite à musique
Nous étions deux belles jumelles
construites pour la ritournelle.
Si « Seeburg » était notre père,
une gourmande est notre mère.
De belles chansons nous donnions
contre un peu de votre pognon.
Mais un jour pas comme les autres,
nous sommes tombées bien malades.
Le proprio dans la panade
ne pouvait en acheter d’autres,
ni même faire réparer,
car la mère avait tout piqué.
Pour que je puisse rejouer,
ma sœur a dû se suicider.
Son ampli, elle m’a donné,
et seule, j’ai continué
des années à vous égrener
toutes les chansons demandées.
Mais l’avaleuse est entêtée.
Avec sa règle inadaptée,
elle n’a pas voulu baisser
les redevances demandées.
Las de trop payer, écœuré,
mon bon patron m’a muselée.
------ retour à la table des matières -----
4
Christelle et son papy
Comme tous les petits-enfants,
Christelle adorait son papy
qui l'appelait de temps en temps,
le plus souvent pendant midi.
Un mercredi au déjeuner,
la sonnerie a résonné.
La jeune s'est précipitée
dans le bureau pour décrocher.
"Allô ! Papy, bonjour Papy,
qui a-t-il de neuf aujourd'hui ?
Mais si coquin, c'est toi pardi !
j'ai reconnu ta voix Papy !"
Ses histoires ont défilé,
elle ne cessait de parler.
A table les parents mangeaient,
son baratin les amusait.
Cinq minutes étaient passées
lorsqu'elle est revenue troublée :
"Papy n'a pas été gentil,
il a dit qu'il avait écrit."
"A papa il voulait parler,
mais ne voulait pas m'écouter!
J'ai décidé, c'est bien fini,
je ne réponds plus à Papy!"
Quelques instants se sont passés,
le téléphone a résonné.
Le père est allé décrocher,
sur un client, il est tombé.
La petite s'était trompée,
faux Papy s'en est amusé.
De l'anecdote on peut tirer:
"La voix ne fait pas l'abonné"
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5
Dis merci
Refrain :
Pourquoi donc veux-tu changer,
tu n’as rien à retoucher,
tu es déjà la plus belle,
reste ainsi ma demoiselle.
Dis merci à tes cheveux,
qui sont toujours lumineux.
Dis merci à ton cerveau,
car c’est sur, c’est le plus gros.
Dis merci à tes grands yeux,
ils me rendent bien joyeux.
Refrain
Dis merci à ton p’tit nez,
que j’adore bousculer.
Dis merci à ta bel’bouche,
j’en tremble quand je la touche.
Dis merci à ton p’tit cou,
je lui fais plein de bisous.
Refrain
Dis merci à tes p’tits seins
ils se maintiennent très bien.
Dis merci à tes bel’mains,
qui me serrent en chemin.
Dis merci à tes p’tits pieds,
qui supportent les souliers.
Pourquoi donc veux-tu changer,
tu ne peux t’améliorer,
tu es déjà la plus belle,
avec toi je veux rester.
------ retour à la table des matières -----
6
Elle est bonne la sauce a mamie
Léa, une petite commère
qui n'a que deux ans, mais tout pour plaire,
gentille et frisée comme sa mère,
adore venir chez sa grand-mère.
Elle ne cesse de s'amuser
mais n'oublie jamais de s'arrêter
pour se retrouver vite attablée,
lorsque le dîner est préparé.
A son âge elle ne veut manger
que pâtes et jambon morcelé.
Un jour, après avoir terminé,
sur grand-mère elle alla s'installer.
Fourchette à la main du bon côté,
petit à petit, sans demander,
on la vit très vite déguster
ce que mamie avait découpé.
Quelques carottes déchiquetées,
pomme de terre, rôti, noyés
dans une sauce très parfumée,
furent sans difficulté mangés.
Ebahis, les parents regardaient
l'enfant qui par moments s'arrêtait
pour dire, le regard plein d'envie:
"Elle est bonne la sauce à mamie"
Mamie a dû bien sûr avouer
qu'à la cuisson elle avait versé
un peu de cognac du bon vieux temps.
Ils sont doués, ces jeunes enfants!
- ------ retour à la table des matières -----
7
Jean-Paul a fait le mauvais choix
Sorti de l'école diplômé,
notre ami Jean-Paul fut embauché
de suite, par un entrepreneur
qui avait été son correcteur.
Il était souvent félicité
par celui qui l'avait enrôlé,
mais un an était déjà passé
sans que son salaire n'ait bougé.
Estimant qu'il était mal payé,
il s'inscrivit pour aller passer
un examen permettant d'entrer
dans le grand réseau des voies ferrées.
Il réussit sans difficulté,
fut immédiatement engagé
avec bon de transport pour aller
dès que possible au poste indiqué.
Fort de son embauche il est rentré
voir son patron, pour être augmenté,
avec l'intention de le quitter
si cette hausse était refusée.
Ses qualités étant reconnues,
celle-ci fut acceptée, en plus,
une voiture lui fut donnée.
Dans ces conditions, il est resté.
Chez celui-ci, il n'a pas connu
cet absentéisme reconnu,
une paresse bien acceptée,
ni les primes occultes versées.
Ses parents, grands-parents et enfants,
comme lui et sa femme, souvent,
n'ont pas pris le train gratuitement,
sans se gêner naturellement.
Ses congés n'étaient pas rallongés,
son horaire était illimité,
toutes ses retenues ont grimpé,
et l'emploi n'était pas assuré.
Il a pourtant toujours travaillé
toute sa vie afin d'assurer
du travail à tous les ouvriers,
heureux d'effectuer leur métier.
Maintenant, éreinté et usé,
avec sa retraite minorée,
il voit partir les non fatigués
pour des destinations éloignées.
Il a compris, puis bien regretté
d'avoir choisi et d'être resté
du côté des non favorisés,
ceux qui travaillent dans le privé.
------ retour à la table des matières -----
8
J'étais un bel oiseau blanc
En l'année mil neuf cent soixante-deux,
ils s'unirent pour me créer, à deux,
et mon aventure allait démarrer,
j'allais devenir l'oiseau blanc cabré.
Supersonique franco-britannique
avec profil aérodynamique,
en inégalé avion d'exception,
je franchissais deux fois le mur du son.
Ma ligne de cigogne fascinait
tous ces admirateurs qui me voyaient
embarquer, pour ces terres ralliées,
hommes d'affaires et privilégiés.
A Gonesse l'accident m'a brisé,
quinze mois plus tard j'étais relancé,
les très riches passagers m'ont boudé,
la fin de tous mes vols fut annoncée.
Après ces vingt-sept ans de traversée,
le droit d'être en retraite est arrivé,
mais je suis fier de rester exposé
pour vous montrer ma supériorité.
------ retour à la table des matières -----
9
Julie et la friteuse
Dans un moulin, on bricole toujours,
du petit matin à la fin du jour.
Ce jour-là, le père était occupé
à réparer une courroie cassée.
Il était sur le point de terminer
lorsque sa fille arriva affolée
criant:"Au feu! papa tout va brûler,
je n'ai pas réussi à l'arrêter".
En grimpant quatre à quatre l'escalier,
il se trouva vite sur le palier
puis dans la cuisine, où l'huile brûlait
en léchant les meubles qui noircissaient.
Saisissant un couvercle il recouvra
cette friteuse et le feu s'arrêta.
La flamme avait quand même grignoté
une partie des meubles accrochés.
Notre petite apprentie cuisinière
désirait simplement aider sa mère.
Aucune frite n'a été mangée,
mais ils ont tous été fort soulagés
car la maison aurait pu s'embraser.
------ retour à la table des matières -----
10
La bombe
Il faut toujours bien la sangler,
car s’il t’arrive de chuter,
en faisant une randonnée,
tu risques fort d’être blessée
et de te retrouver couchée
pendant plusieurs longues journées.
Si elle devient explosive,
aux environs d’un arsenal,
même si les pompiers arrivent,
il vaudrait mieux que tu détales
pour éviter la récidive,
car une explosion, ça fait mal.
Ceux qui font souvent la bombe
abusent parfois de boissons
et de tout ce qui est très bon,
sans aucune limitation,
jusqu’à en perdre la raison.
Quelquefois aussi ils tombent.
------ retour à la table des matières -----
11
La bougie
Sa flamme est bien abritée
pour ne pas être soufflée
lorsque sa lumière éclaire,
en forêt ou en clairière,
si fée électricité
n’a pas été installée.
Il en est tout autrement
et c’est aussi moins charmant,
avec celle à filament
que l’on trouve très souvent
sur les lustres maintenant
dans tous les appartements.
------ retour à la table des matières -----
12
La bouteille
Autrefois elle était livrée
dans une caisse consignée.
De nos jours elle est plus vendue
dans un emballage perdu.
Son verre quelquefois fumé
lui permet de mieux conserver
ce qui lui a été confié
avant de la pasteuriser.
Maintenant toujours capsulée
pour les produits fort diffusés,
elle est encore bouchonnée
pour la très grande qualité.
Elle est mise sur le marché
bien décorée et habillée,
simplement pour mieux attirer
notre regard et nous tenter.
------ retour à la table des matières -----
13
La brosse
Garnie de fibres naturelles,
la brosse tenue dans la main
rend la chevelure très belle,
en la démêlant le matin.
Posée sur le sol dans l’entrée,
pour nous permettre de gratter
le dessous des souliers salis,
elle se nomme le tapis.
Si le coiffeur nous dégarnit,
laissant les cheveux fort petits,
dressés et bien égalisés,
c’est en brosse qu’ils sont coupés.
Pour assurer leur avenir,
d’abominables employés
utilisent sans se gêner
l’invisible brosse à reluire.
Si les trois premières citées
ne sont là que pour nous aider,
quand la dernière est usitée,
certains en sont pénalisés.
------ retour à la table des matières -----
14
La concurrence
Afin d'attirer la clientèle,
Jean et Geneviève, sa fidèle,
se mirent un jour à installer
un mini-golf en bois travaillé.
Tous les jeux avaient été créés,
découpés, assemblés et montés
durant un hiver, pour s'occuper,
cela n'avait presque rien coûté.
Le bouche à oreille ayant marché,
de fort loin on venait s'amuser
sur ce terrain de jeux colorés,
le dimanche toute la journée.
Le petit village d'à côté,
proche, et sans doute à court d'idée,
se mit un jour à les imiter.
Il en commanda des bétonnés.
Les joueurs sur les deux sont allés,
mais leur nombre n'a pas augmenté.
Une lassitude est arrivée
et les actifs ont abandonné.
Les jeux en bois ont été ôtés
et le terrain réutilisé.
Une onéreuse démolition
maintient en vie les jeux en béton.
Lorsqu'on n'est pas sûr de la durée,
on investit sans trop dépenser
si l'on ne veut pas le regretter.
Ces copieurs l'ont sans doute oublié.
------ retour à la table des matières -----
15
La cuisinière
Devant une grande cuisinière,
ayant retiré sa chevalière,
la toque aussi blanche que les dents
maintenant ses longs cheveux dedans,
tout habillée de vêtements clairs,
cette petite douée s’affaire.
Depuis les entrées jusqu’au dessert,
elle utilise son savoir-faire
et va très vite tout préparer,
bien cuire, dorer et présenter,
pour que le repas soit apprécié,
les clients comblés et rassasiés.
Sous une énorme pile d’assiettes,
toutes ses recettes fort secrètes
sont précautionneusement gardées
dans un petit cahier écorné
que sa maman lui avait confié,
mais elles ne sont jamais montrées.
------ retour à la table des matières -----
16
La danse du Taissotin
C'est la dans' du Taissotin
qui se lèv' de bon matin
pour aller chercher son pain
pain,pain,pain,pain,
Rencontre sur son chemin
le petit âne Martin
qui porte des sacs de grains,
grains, grains, grains, grains,
Où va-tu mon p'tit ami,
que viens-tu donc faire ici,
le village sans soucis,
ci, ci, ci, ci,
Je viens voir mes vieux copains
qui partaient de bon matin
pour aller livrer le grain,
grain, grain, grain, grain.
refrain:
Et puisque c'est toujours la fête
vous allez faire comme nous,
balancez donc un peu la tête,
fait' un(e) risett'et
embrassez-vous.
Mon brave petit ami,
ne sais-tu donc pas qu'ici,
c'est dev'nu le paradis,
dis, dis, dis, dis,
Les ânes ne portent rien
les humains encor' bien moins
car ici les gens sont plein,
plein, plein, plein, plein,
De sagesse et gentillesse
de gaîté et charité
sans ennuis dans ce Taissy,
sy, sy, sy, sy,
La jeunesse et la vieillesse
ne connaiss' pas la paresse
car tous viv' dans l'allégresse,
gresse, gresse, gresse, gresse.
refrain
Si tu vois de vieux amis,
dis leur que c'est bien ici
le plus joli paradis,
dis, dis, dis, dis,
Pour les hommes et leurs amis,
qui viv' en bonne compagnie,
sans ennuis dans ce Taissy,
sy, sy, sy, sy,
Qu'ils seront aussi aimés
s'ils nous aid'à fredonner
ce refrain bien renommé,
mé, mé, mé, mé,
Allez mettez en un coup,
on s'amus'ra com' des fous,
si vous venez avec nous
chanter comme nous.
( sur la musique de la danse des canards)
------ retour à la table des matières -----
17
La désobéissance
En été, depuis quelques années,
la famille entière allait passer
en Savoie quelques jours de congés,
pour se changer un peu les idées.
Un gros orage étant annoncé,
les enfants avaient été priés,
s'ils sortaient, de ne pas s'éloigner
de la station toute la journée.
Le soleil aidant, ils sont partis
pour s'amuser avec leurs amis,
tout au début de l'après-midi,
en confirmant qu'ils avaient compris.
Quand l'orage s'est mis à gronder,
ne voyant pas les enfants rentrer,
les parents sont allés les chercher,
mais impossible de les trouver.
Leur disparition fut signalée,
deux heures à s'inquiéter et tourner
sous la pluie battante et déchaînée,
avant de voir arriver trempés,
au milieu d'adultes équipés
qui redescendaient d'une virée,
ces garnements qui étaient montés
malgré cette interdiction donnée.
Les parents ont été regardés
en responsables inadaptés
qui n'ont pas pris soin de surveiller
cette jeunesse en très grand danger.
Heureusement, tout s'est bien passé,
les jeunes n'ont pas été grondés,
la peur d'être seuls abandonnés
les ayant suffisamment marqués.
------ retour à la table des matières -----
18
La détente
Quand certains avalent la chaussée
ou visitent les supermarchés,
assis sur le vieux banc du jardin,
dans ce parc, à l’ombre des sapins,
loin de la pollution imposée,
ils aiment venir se ressourcer
au calme, où l’air est respecté.
C’est dimanche, ils l’ont mérité.
Là-haut, dans un azur moutonné,
le soleil désire se montrer.
Plus bas, l’église fort renommée
dresse sa flèche pour l’imiter.
Le corbeau, dans son nid bien perché,
semble avoir choisi de somnoler,
mais l’hirondelle, sur la faîtière,
gazouille une musique princière.
Dans le pré, l’écureuil trottine,
abeille et papillon butinent,
le cheval broute sans admirer,
la chatte très près d'eux est couchée
sur cette fort jolie moquette
d’herbe verte, et de pâquerettes
toujours heureuses de montrer
ce blanc chapeau à effeuiller.
Sur le bassin, sortent les roseaux,
les nénuphars et les iris d’eau.
Libre, au gré du souffle léger,
le bateau aime se déplacer.
Dans l’onde, les poissons font des ronds,
ou inspectent la mousse du fond.
Le trop plein ne cesse de couler
et l’eau chante pour les saluer.
Un petit vent vient de se lever,
la lumière s’est atténuée,
le griffon, inquiet, s’en est allé,
l'équidé dans son box est rentré.
Le temps n’a pas voulu s’arrêter,
le banc va enfin se reposer,
encore un dimanche de passé.
C’est sûr que ces gens sont des gâtés.
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19
La machine a café
Immobile sur ce grand bar,
elle attire notre regard
par ses très grandes dimensions
et sa belle présentation.
Sa réserve d’eau surchauffée
est toujours prête à se vider,
dès que nous avons commandé
un petit noir nommé café.
Les dernières sophistiquées
sont également équipées
d’un puissant moulin bien réglé
donnant l’exacte quantité
de poudre moulue désirée.
Pour chauffer le cruchon de lait,
avec un réglage à souhait,
elle utilise la vapeur
lâchée par le distributeur.
C’est cette adorable machine
qui délivre la caféine,
ce tonique fort conseillé
lorsqu'on ne peut se réveiller.
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20
La maladie
Tout au long de leur grande vie,
par une ou plusieurs maladies,
les individus sont surpris
sans aucun petit préavis.
Lorsqu’elle est classée infantile,
les parents se font de la bile,
car ils ne pensent qu’à couver,
cet enfant qu’ils ont désiré.
Quand c’est la maladie d’amour
qui arrive un de ces jours,
inutile de la soigner,
il ne voudrait pas écouter.
D’autres le feront bien souffrir,
mais les remèdes prodigués
vont très rapidement agir
et elles seront oubliées.
Mais s’il est hypocondriaque,
ses maladies imaginaires
vont souvent le rendre patraque,
seul le psy sera salutaire.
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21
La memoire
C’est une fonction cérébrale
que tu ne peux ni commander,
ni toucher, ni même observer.
Son devoir est d’enregistrer,
de stocker et restituer
les informations principales
qui lui sont toujours envoyées,
lorsque tu peux voir ou toucher,
entendre, sentir ou goûter,
depuis l’instant où tu es né.
Avec l’âge elle va baisser,
mais celle qui a travaillé
sans cesse est fort développée
et sera bien mieux conservée
que celle qui s’est reposée
ou n’était pas sollicitée.
Pour conserver sa qualité,
fais la donc souvent fonctionner,
régulièrement, sans forcer,
tu en seras récompensé.
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22
La panne
En revenant de nos vacances,
brusquement je dus m’arrêter
sur la bande d’arrêt d’urgence,
car une espèce de fumée,
de couleur blanche et assez dense,
à l’arrière s’est échappée.
La voiture avait trop chauffé,
mais sans doute aussi trop sué,
car l’eau s’était évaporée
et le dépanneur appelé
à de suite diagnostiqué :
« la pompe à eau est à changer »
Sur un plateau il l’a montée
et nous a très vite amenés
dans un garage réputé.
Le patron l’a examinée
et a aussitôt déclaré :
« mes filles vont s’en occuper »
Septiques et très étonnés,
nous les avons vues travailler.
La voiture a été levée,
des pièces vite démontées,
des neuves les ont remplacées,
et le capot fut refermé.
Le moteur s’est mis à tourner,
les clés ont été redonnées
et la facture est arrivée.
Un tout petit chèque a réglé
ce beau travail effectué
par ces deux filles qualifiées.
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23
La pétanque
Lorsque tu jettes la boule,
avant d’atteindre le but,
sur le chemin, elle roule,
mais quelquefois aussi butte.
Si tu as très bien joué,
pour t’empêcher de gagner,
l’adversaire doit casser
avant de se replacer.
Il ajuste, vise et tire.
S’il a raté, tu respires.
Son partenaire soupire.
Il prend la place et retire.
Comme tous les bons joueurs,
grand champion ou amateur,
tu vas les féliciter
si tu n’as pas su gagner.
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24
La pomme de terre
Si Parmentier a insisté
pour que ses champs soient bien gardés,
c’était pour la faire voler
par des gens qui étaient bernés,
mais fort heureux de constater
qu’elle était très bonne à manger.
Cette affreuse pomme de terre,
très facilement transformée
en plats simples ou raffinés,
est une petite princesse,
quelquefois dauphine ou duchesse,
qui a le pouvoir de nous plaire.
Il faut bien la sélectionner
parmi toutes les variétés :
la ferme peut être sautée
mais ne va pas pour la purée
et l’idéal pour la primeur,
c’est d’être cuite à la vapeur.
On peut aussi la découper
puis la faire cuire et griller
comme des frites bien dorées,
ou en petits morceaux carrés.
Plante fort riche en amidon,
dans tous les plats, nous t’adorons.
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25
LA RECIDIVE
L'an passé, les ponts et chaussées
nous ont fort bien réfectionné
la petite route empruntée
le matin, pour aller bosser.
Une ligne blanche tracée,
huit jours avant de rénover,
avait hélas été cachée.
Une erreur, ça peut arriver.
Ce guide est enfin revenu.
Depuis huit jours, ils ont posé
deux petits pâtés blancs gaufrés
sur l'axe de cette chaussée.
Mais sur le tronçon programmé,
les responsables sont passés
devant un immense panneau
indiquant de futurs travaux.
Ils ont préféré l'ignorer,
le travail fut exécuté,
et aujourd'hui tout est caché
par un revêtement taré.
Le journal l'avait évoquée,
la télé en avait parlé,
cette erreur s'est renouvelée,
les coupables sont à blâmer !
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26
La réfection de la chaussée
La chaussée étant fort abîmée,
le responsable avait décidé
de recouvrir en totalité
une route avec des enrobés.
Ce chantier a très mal démarré:
la pente était du mauvais côté,
le caniveau sans utilité,
il a donc fallu recommencer.
Juste avant, les vaches étaient passées,
qu'importe les bouses sont restées,
c'était trop dur de les enlever,
et puis, elles allaient être cachées!
L'accrochage a été supprimé:
cette route n'est pas fréquentée,
le surveillant est parti manger,
du bénéfice, c'est recherché!
Le tout a été vite bâclé,
à la campagne, c'est bien connu,
c'est l'apparence qui va compter,
l'art du travail, on s'assied dessus.
Cela aurait été ignoré
si un voisin n'avait signalé
tous ces faits, lors de la réception,
avec ingénieur et commission.
Pour prouver ce qu'il a dénoncé,
le courageux se mit à rouler
comme une moquette, l'enrobé,
face aux participants bouches bées.
Mal fait pour tous et bien constaté,
ce travail a été accepté
et l'accrochage des extrémités
fut refait par les ponts et chaussées!
La commune a bien été blousée,
l'administration a tout réglé,
l'entreprise a bien sûr encaissé,
l'accepteur, a t'il été payé?
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27
La rénovation de N.Dame de Taissy
Une liste de conseillers,
un gros projet de restaurer
et les voilà tous acceptés.
Il fallait donc s’exécuter.
Une association fut créée,
avec comme but précisé
de rajeunir en six années
cette église trop oubliée.
Quelques dons sont vite arrivés,
plusieurs concerts organisés,
la commune a bien complété,
les finances n’ont pas manqué.
Quand les travaux ont commencé :
« Quel scandale ils vont tout casser ! »
Certains ont préféré quitter
et le groupe a diminué.
Courageux ou très entêtés,
les autres ont réalisé
tout ce qui était projeté
et Notre-Dame est rénovée.
Ces bénévoles ont sué,
mais leur travail est terminé.
Ils sont heureux d’avoir gagné.
L’équipe est à féliciter.
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28
La réquisition
Dans un canton encore peuplé,
l'autorité avait décidé
que la perception serait fermée
pour toujours, dès la fin de l'année.
Les élus locaux en réunion,
pour mieux montrer leur opposition,
acceptèrent tous, sans exception,
de faire grève des élections.
Aucun bureau ne serait gardé,
ceci avait été décidé.
Réquisitionnés par le préfet,
les conseillers n'ont pas reculé.
Quelques peureux avaient bien signé,
mais il n'y avait pas quantité
pour tous les bureaux abandonnés;
des agents ont été envoyés.
Les élections se sont déroulées,
les bénévoles n'ont pas siégé,
les remplaçants se sont reposés
car les électeurs n'ont pas voté.
Les autorités ont reculé
et la perception n'a pas fermé,
mais les communes ont dû régler
une astronomique indemnité.
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29
La serveuse
Tous les jours, elle vous reçoit
et vous sert tout ce qui se boit,
à condition de rester droit.
Pour ne jamais vous décevoir,
elle sourit à vos histoires,
même à celles qui sont sans gloire.
Si elle consent volontiers
à bien blaguer et plaisanter,
n’allez pas vous imaginer
que plus loin, vous pourrez aller,
ça risquerait de se gâter,
elle ne saurait l’accepter !
Lorsqu’elle vous dit « au revoir »,
c’est au bar qu’elle veut vous voir.
Mais quand elle ouvre le tiroir,
c’est pour demander un pourboire,
ne ruinez jamais cet espoir,
sinon vous serez un « rasoir ».
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30
La souris
L’animal est fort petit,
un pelage souvent gris,
il a le nez bien pointu,
légèrement moustachu.
Ce n’est pas un agresseur,
mais un paisible rongeur
qui malgré tout nous fait peur
quand il est dans la demeure.
Beige, quelquefois grisée,
très prisée et caressée,
une nouvelle adorée
est, depuis peu, arrivée.
Les femmes n’en ont plus peur
et ne peuvent se passer
de toujours la tripoter :
elle est sur l’ordinateur.
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31
L' adjudant(e)
Un adjudant, qui régnait en maître
dans une fort belle gendarmerie,
n'avait jamais voulu avoir d'amis.
C'était le grand chef, très fier de l'être.
Sur le vignoble, souvent il tournait
et dans les caves, parfois il allait
déguster le breuvage qu'on vendait.
En haut, son subordonné l'attendait.
Lorsqu'il rentrait le soir à la maison,
sa femme, qui portait le pantalon,
attrapait de plus en plus de soupçons
en enregistrant ses explications.
Ne voulant pas se fâcher sans raison,
elle le suivit lors d'une mission.
L'orage attendait ce petit mignon.
La nuit, il la passa dans la prison.
L'arrogant s'en est toujours souvenu,
plus jamais, en tournée, il ne rebut.
Il avait le pouvoir de commander,
par l'adjudant(e), il s'est fait mater!
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32
L’alcool
S’il titre ses douze degrés :
ce vin est très bien supporté
au cours de repas ou soirées,
même s’il est champagnisé.
Quinze, seize ou dix-huit degrés :
c’est le maximum pour doser
un bon apéritif léger,
pour tous, même les retraités.
Eau plus quarante-cinq degrés :
tous les apéros anisés,
forts et très souvent demandés,
mais il faut savoir s’arrêter
si tu dois encore rouler,
car le ballon va l’indiquer.
Quand il devient plus transparent :
il te saoule rapidement,
fais attention évidemment,
déguste-le modérément,
sauf si c’est du dénaturé
destiné à désinfecter.
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33
L'animal et ses ennuis
L'animal ayant traîné
sans cesse toute l'année,
se trouva bien dépourvu
quand son stock eut disparu.
Plus un seul petit écran
pour couvrir son pénétrant.
Il alla à la rapine
chez une Annie, sa voisine,
en pensant subtiliser
quelques capotes volées.
Mais cette atroce femelle
l'aperçut s'approcher d'elle:
"Que viens-tu chercher?" dit-elle
à ce coureur de dentelles.
"Des capotes non trouées
car je ne peux m'en passer
pour ne pas contaminer
celles que je veux aimer".
Cette jalouse donzelle,
adorant fort la bouteille,
mais pas du tout généreuse,
lui dit d'une voix moqueuse:
"Les aimer, j'en suis fort aise,
alors que moi je t'attends,
mets celle-là maintenant,
elle n'est pas trop mauvaise,
si tu as su m'emballer,
tu pourras la conserver".
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34
L'arnaqueur emprisonné
Afin d'occuper quelques soirées,
Philippe et sa femme Dorothée
étaient un jour allés commander
un meuble support avec télé.
L'ensemble devait être livré
au domicile, dans la journée.
Deux jours plus tard, on leur a porté
le tout, non conforme au demandé.
Furieux, le mari a exigé
que le fournisseur passe chercher
cette livraison non désirée,
et la commande fut annulée.
Le vendeur, un menteur accrocheur,
mais également un beau parleur,
dans le but de les faire accepter,
un soir, chez eux, les a visités.
Les acheteurs ne voulant céder,
de gentleman, il s'est énervé.
Lorsqu'il accepta de s'en aller,
par comble, la serrure a cassé.
Il se retrouva donc enfermé,
heureusement au rez-de-chaussée,
et dut, par la fenêtre passer,
fort vexé de n'avoir pas gagné.
Cette anecdote a dû le choquer
car le couple a été remboursé
et tout le matériel est resté.
Ce fut un cadeau inespéré.
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35
Le baby-foot
Comme son plus grand frère aîné,
sa règle est restée inchangée.
Il te faut simplement marquer
des buts dans le camp opposé,
en devant bien sûr éviter
au maximum d’en encaisser.
Si tu es encore petit
personne ne te l’interdit,
car les vingt-deux petits joueurs
sont toujours de très bonne humeur
et savent bien se contrôler
pour ne jamais te bousculer.
Même en faisant une partie
de deux manches et une belle,
tu ne pourras avoir l’avis
des juges et arbitre officiels,
car sur ce terrain riquiqui,
ils se sont tous trois fait la belle.
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36
Le bain
Jamais je ne sens aussi bien
la douce présence de l’eau
chauffée juste comme il le faut.
Elle me caresse les reins
quand je me glisse dans le bain,
très tard le soir ou le matin.
Une crème versée dedans
flotte à la surface en moussant
et me recouvre doucement.
Petit à petit lentement
elle disparaît en chantonnant
et tout cela est délassant.
Avant qu’elle ne soit glacée,
j’en profite pour me laver
et j’aimerais bien rêvasser,
mais je dois vite me rincer
car la baignoire est très prisée
et d’autres veulent l’apprécier.
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37
Le billard
Entre tes doigts cette canne glisse
et frappe, sans qu’elle ne gémisse,
l’innocente bille toute blanche
qui doit réagir comme tu penses.
Cette fois, rien que pour se venger,
et pour te faire pénaliser,
elle décide de se jeter
dans un trou, après avoir dévié.
Puni, te voilà bien obligé
d’attendre, puis de la voir jouer
par l’adversaire qui, sans pitié,
en profite pour te devancer.
Sur ce superbe tapis vert,
tu aimes montrer ton savoir-faire,
mais il ne faut jamais oublier
qu’un champion ne peut toujours gagner.
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38
Le bricolage
Autrefois, pour bien occuper
quelques heures de liberté
qui n’étaient pas utilisées
à travailler ou jardiner,
l’homme avec dextérité
s’amusait à confectionner
quelques jouets pour les donner
à ses enfants, en fin d’année.
L’outillage a bien progressé.
Des documents distribués
montrent comment se débrouiller.
La femme a su vite prouver
qu’elle était aussi très douée.
De loisir, il s'est transformé
en moyen d’économiser
beaucoup d’argent pour le foyer.
Aujourd’hui tout a fort changé,
le temps libre a évolué,
mais les vacances sont bridées
car il faut toujours bricoler.
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39
Le briquet
Pour remplacer les allumettes :
une molette qui éjecte
d’innombrables petits éclairs
en frottant la très fine pierre,
un corps plastique empli de gaz,
tout est bien là pour que ça gaze.
Si tu veux donner une flamme,
il suffit de faire tourner
la roulette, puis d’appuyer
sur la languette relevée
tout simplement, pour libérer
le précieux gaz qui va brûler.
Quand la pierre est bien trop usée,
tu peux toujours la remplacer
et si le gaz vient à manquer,
il suffit de le recharger.
Si tu l’as eu à bon marché,
mieux vaut ne pas le conserver.
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40
Le bronzage
Cette mode a été lancée
par la femme pour se vanter
de revenir de Saint-Tropez,
où elle aurait pu s’exposer
pendant de très longues journées,
tout en restant dans sa contrée.
Pour être caramélisées,
certaines vont même passer
plusieurs heures sous les U.V.
d’un appareil perfectionné,
dans un institut de beauté
où le soleil est à payer.
Quand ce snobisme est ignoré,
les grandes vacances d’été
sont remplies et bien occupées,
sans perte de temps pour bronzer.
Aucune peau n’est fort teintée
mais la famille est enchantée.
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41
Le cardiologue
De l’angoisse pour un cœur serré,
un cœur trop gros pour les affligés,
un cœur peu net pour la vérité,
un cœur tendre plus ou moins foncé
pour le tronc d’un arbre très âgé,
ne sont pas des éléments soignés
par le médecin spécialisé :
« cardiologue » souvent appelé.
Il a pourtant beaucoup étudié
et continue à se recycler,
mais il ne pense qu’à surveiller,
entretenir et très bien soigner,
pour qu’il ne soit jamais fatigué,
notre cœur qui, sans se reposer,
déplace toujours le flux sanguin
dans notre merveilleux corps humain.
------ retour à la table des matières -----
42
Le carton
Très mince épais ou ondulé,
il est souvent utilisé
pour les chemises cartonnées,
les beaux ouvrages reliés
et tout ce qui est emballé.
Sur les routes pour éviter
de glisser et de cartonner,
fort prudemment tu dois rouler,
même si tu as équipé
ta voiture de pneus cloutés.
Par un carton jaune exhibé,
un arbitre vient signaler
au joueur sa pénalité.
Si le rouge lui est montré,
il est aussitôt expulsé.
------ retour à la table des matières -----
43
Le cendrier
Sur toutes les tables je suis,
quelquefois sur le bar aussi,
mais trop souvent je suis rempli
de cigarettes rabougries
qui finissent de consumer
parce qu’elles sont oubliées.
En permanence, la journée,
je me fais gravement brûler
par la cigarette allumée
que l’on vient sur moi écraser.
J’y suis hélas habitué,
c’est pour cela qu’on m’a créé.
Même lorsque je suis vidé,
je suis bien là pour vous aider
à déposer votre roulée
car il est fort déconseillé
de la jeter sur le plancher.
Il ne faut jamais l’oublier.
------ retour à la table des matières -----
44
Le champagne
Des pieds de vigne bien alignés,
de belles grappes dans les paniers,
un raisin aussitôt transporté
dans la hotte en osier, puis vidé
dans des bacs, pour finir fort pressé,
après quelques années de campagne,
voici cet adorable champagne.
Aujourd’hui vous allez l’emmener
dans une cave et le conserver.
Puis un jour, vous le déposerez
en compagnie de glace pilée
dans un seau, pour qu’il soit bien frappé.
Versé dans des flûtes élancées,
il va ravir tous vos invités
jaloux de son bouquet très fruité,
mais heureux d’être aussi bien gâtés.
------ retour à la table des matières -----
45
Le chapeau
Petit sans être riquiqui,
moyen pour tous les gens très biens,
fort plus gros pour les rigolos,
il suffit de peu de moyens
pour se trouver un bon chapeau,
car il s’en vend à petit prix.
Si l’hiver n’est pas toujours beau,
il tient la tête bien au chaud,
sauf si le vent le fait voler
quand vous l’avez mal ajusté.
En été pour se protéger
du soleil qui peut vous brûler,
en paille il est très conseillé,
mais évitez de l’écraser.
Si vous ne l’avez pas porté
une fois au moins, essayez !
------ retour à la table des matières -----
46
Le char des maries
Montez bien vite mes enfants
sur ce fort beau char qui attend
depuis des lustres cet instant.
Il va aller vous promener
sur les routes de la contrée
pour être applaudis et enviés.
Oyez, oyez, vous braves gens,
sortez donc pour quelques instants
de vos chaumières ou de vos champs !
Vous allez pouvoir admirer
et très fortement acclamer
ceux qui viennent d’être mariés.
Deux jeunes unis pour la vie,
promenés dans un petit lit,
pour que vos yeux soient fort ravis.
------ retour à la table des matières ------
47
Le chateau
Sur la plage ils l’avaient construit
avec le sable ou des pavés,
mais il fut très vite englouti
lorsque la mer est remontée.
Dans leurs projets de fiancés
le château était bien noté,
mais il est hélas remplacé
par un gros loyer à payer.
Quand des années seront passées,
si leur réserve a fort gonflé,
ils vont de nouveau y songer.
Mais il faudra y renoncer
car les enfants vont s’envoler
et l’argent sera détourné
pour les aider à démarrer
leur nouvelle vie de mariés.
Ils ne pourront plus l’acheter,
mais ils vont encore rêver
en espérant bien hériter
d’une tante très éloignée.
------ retour à la table des matières -----
48
Le chocolat
Ni noir, ni blanc, tu es fort brun
et dégages un bon parfum.
En tasse fumante l’hiver,
tu remplaces un pull-over.
Tu coules comme une rivière
et on accourt, le nez en l’air
comme pour flairer le bon air,
pour te déguster, on espère.
S’il arrive qu’on exagère,
on ne marche pas de travers,
car avec toi on reste droit,
mais sans toi on a bien plus froid.
------ retour à la table des matières -----
49
Le clown
Si un jour il te faut garder
quelques enfants pour la journée,
tu devras bien les amuser,
car il faudra les occuper
et les empêcher de casser
tout ce qui est à leur portée.
Le plus simple est de te grimer :
la boule rouge sur le nez,
les deux lèvres peinturlurées
et les pommettes fort marquées.
En petit clown, bien transformé,
tu vas les faire rigoler.
Un petit chapeau décoré,
qui de temps en temps va tomber,
peut naturellement t’aider
à déclencher l’hilarité.
Ils vont très vite t’adopter
mais ne voudront plus te quitter.
------ retour à la table des matières -----
50
Le collier
Lors d’une réception ou soirée,
la femme est heureuse de porter
à son cou le chic collier perlé
que son cher mari lui a payé.
Même s’il n’a pas été passé
pour la maintenir bien attachée,
il est toujours là pour rappeler,
lorsqu’elle sait se faire admirer
avec un large décolleté,
que fidèle elle doit lui rester.
Comme ce bijou n’est pas donné,
aussitôt la fête terminée,
dans le coffre il est vite rangé
pour ne pas se le faire voler.
------ retour à la table des matières -----
51
Le courrier
Chaque matin, le facteur vient
avec le courrier dans sa main.
Dans ma boite normalisée
il l’a aussitôt déposé.
S’il a un pli recommandé,
à cette porte il vient frapper
pour me demander de signer
et ça permet de discuter.
Que trouve t’on dans ce courrier ?
Toutes les nouvelles aimées,
les moins bonnes plus redoutées,
quelques factures à régler,
les relevés des C.C.P.
et l’énorme publicité
qui va vite se retrouver
dans une corbeille à papiers.
Même s’il a évolué,
il est toujours distribué
par un consciencieux préposé
qui finit toujours sa tournée.
------ retour à la table des matières -----
52
Le couvert
Une fourchette et un couteau,
accompagnés d’un verre à eau
supportant une serviette,
regardent une belle assiette.
Lorsque le repas est servi,
les deux dangereux instruments
agressent tous les aliments
pour en faire de la charpie.
Quand leur forfait est accompli,
tous deux se retrouvent salis,
mais sont quand même utilisés
pour nous permettre de manger.
Dès que le repas est fini,
ces outils sont vite enlevés
puis nettoyés et bien rangés
afin de les mettre à l’abri.
------ retour à la table des matières -----
53
Le crayon
Chapeauté d’un effaceur
dans sa partie supérieure,
un morceau de bois bien rond,
décoré à l’extérieur,
rend prisonnier en son cœur
le graphite du crayon.
Pour les traits ou pour les ronds,
il accepte le pardon,
car lorsque nous nous trompons,
au lieu de recommencer,
il suffit d’un peu gommer
et l’erreur est réparée.
Le stylo l’a détrôné,
plus besoin de le tailler,
mais ne peut le remplacer
dans les traits à main levée,
les dessins à estomper,
ou la note à effacer.
------ retour à la table des matières -----
54
Le demarcheur
Tout au long de la journée,
vous le voyez arpenter
toutes les rues, essoufflé,
pour essayer de placer
bonbons ou aspirateurs.
C’est avant tout un gagneur.
Quand vous lui ouvrez la porte,
aussitôt il est entré.
Sans cesse de bonne humeur,
il est aussi bon blagueur
qui sait comment accrocher,
pour vous faire accepter.
Il est bien rémunéré
mais il doit beaucoup marcher,
très souvent baratiner,
vanter et persuader,
avec patience et douceur,
sans jamais regarder l’heure.
------ retour à la table des matières -----
55
Le demenagement
Un jour ou l’autre vous devrez
dans votre vie déménager.
Ca ne va pas vous enchanter
car il va falloir tout trier,
protéger et empaqueter,
en évitant de trop casser.
Dans un camion vous rangerez,
entasserez et calerez
les meubles qui sont démontés,
les gros appareils ménagers
et tous les cartons préparés,
de façon à ne rien laisser.
La voiture aussi va crouler
sous une charge exagérée.
Elle permettra de transporter
la famille toujours serrée
entre le chien très bien dressé
et le chat qui va ronronner.
Lorsque tout sera arrivé,
il faudra bien sûr décharger,
puis rapidement remonter
tous les lits pour se reposer
une nuit, avant de ranger.
C’est crevant de déménager.
------ retour à la table des matières -----
56
Le dentiste
Dès que j’ai un peu mal aux dents,
je cours prendre un médicament
pour calmer très rapidement
cette douleur en attendant
que l’assistante m’ait fixé
un rendez-vous pour me soigner.
Un peu avant l’heure prévue,
je consulte quelques revues
dans une pièce décorée.
On vient ensuite m’appeler
et me voici fort allongé
dans un fauteuil à basculer.
Il commence par inspecter
pour trouver cette dent gâtée.
Ensuite sont utilisés
des tas d’instruments tous chromés
et plusieurs fraises à meuler,
avant de tout désinfecter.
Un peu de plâtre pour boucher,
puis je suis déjà relevé.
Dans huit jours il va la plomber.
Elle sera bien conservée,
sans technique sophistiquée
et tout sera vite achevé,
car elle aura été soignée
par un dentiste diplômé.
------ retour à la table des matières -----
57
Le diplome
Un diplôme va te donner
un travail bien rémunéré,
tu ne seras pas fatigué,
il suffira de commander.
C’est ce qu’ils t’ont fait miroiter,
pour t’inciter à étudier,
pendant ces très longues années,
avant de sortir diplômé.
C’était bien sûr la vérité,
mais depuis, tout a bien changé :
la place n’est plus assurée,
il faut courir pour la trouver.
Même s’il n’est pas fort payé,
il ne faut jamais refuser
le premier emploi proposé,
car c’est trop lassant de chercher.
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58
Le disque
Un morceau de plastique noir
tournait sur un plateau bien rond,
dans le juke-box de tous les bars,
pour mettre de l’animation.
Le trente-trois tours contenait
beaucoup plus d’airs que son cadet
appelé quarante-cinq tours,
mais aujourd’hui, ils n’ont plus cours.
Le C.D. les a remplacés.
Inutile de le tourner,
ce qui lui a été confié
est gravé sur un seul côté.
Si vous gagnez à un loto
le C.D. qui est bien trop gros
pour entrer dans une platine,
ne faites pas la grise mine,
car c’est un disque vidéo :
son, plus image, ce gros lot.
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59
Le flipper
C’est un jeu qui ne fait pas peur
et pourtant c’est un grand râleur
qui n’accepte de travailler
que s’il a bien été payé.
Quand la bille vient le toucher,
de suite il se met à crier
comme un petit enfant gâté
que l’on ne veut pas écouter.
Lorsqu’elle frôle ses mamelons,
bien symétriques et très ronds,
il réagit avec passion
et hurle avec un grand frisson.
Mais si tu es un peu tricheur,
le tilt arrive avec ardeur,
car il a toujours en horreur
de besogner pour ces joueurs.
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60
Le formateur
Dans de nombreuses professions,
c’est un stage d’initiation
de plusieurs jours très bien remplis,
qui permet à tout amateur,
espérant se faire du beurre,
de se lancer sans rémission
dans cette jungle et ce maquis
où les attend la déception.
Il faut se lever tôt du lit
et ce n’est pas avec passion,
mais plutôt par obligation,
qu’on écoute et parfois sourit
à celui qui fait trop souffrir
notre cerveau pour le remplir.
Les formateurs sont fort zélés,
ils savent nous accaparer.
J’ai dû beaucoup en écouter,
mais jamais je n’ai rencontré
de personnage aussi doué
que celui qui m’a enseigné
cet art de savoir diffuser
ce que d’autres ont imprimé.
Cet éditeur m’a captivé.
Sa mémoire a toujours trouvé
la réponse aux pièges lancés
par quelques âmes tatillonnes,
sur des sujets non préparés.
Une culture qui étonne !
Langue de bois, je ne l’ai pas,
j’écrirai donc, j’en ai le droit,
ce que chacun pense de toi :
des formateurs, « Claude » est le roi.
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61
Le gendarme
A Saint-Tropez ou à Vouziers,
les brigadiers et officiers
sont toujours bien rémunérés
pour maintenir et assurer
l’ordre plus la sécurité.
Tu enfreins une de nos lois,
si tu es pris, tant pis pour toi,
te verbaliser, il le doit.
Inutile de pleurnicher,
le règlement est appliqué.
Si tu ne veux pas l’obliger
à écrire sur son carnet
et te demander des billets,
c’est à toi de bien respecter
les règles de la société.
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62
Le guichetier
Il est sans cesse dérangé
dans ce qu’il vient de commencer,
mais c’est un homme qui veut plaire
et qui connaît bien son affaire
car il en est le spécialiste.
Voilà le vrai réceptionniste.
Si un jour vous apercevez
un personnage mal luné,
avec les fesses fort collées,
qui n’a pas l’air très décidé
à se lever pour renseigner,
c’est un guichetier trop payé.
Il suffira de l’appeler,
et gentiment lui rappeler
que s’il est très bien installé
dans un bureau toujours chauffé,
ce n’est pas pour se reposer,
mais pour servir les usagers.
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63
Le lac
Très lentement, tu dois marcher
durant une grande journée,
si tu veux aller admirer
ce vaste lac très haut perché,
car tu ne peux y accéder
par un engin sophistiqué.
Il faut aussi escalader,
grâce à des escaliers taillés,
quelques façades de rochers.
Heureusement, des cavités
agencées avec des pavés
permettent de se reposer.
Tout en haut, tu peux y pêcher,
contempler et photographier
cette merveille réputée.
La descente est facilitée,
les chemins sont bien balisés,
mais tu en reviens fort vanné.
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64
Le macon
Pour gagner un peu de pognon,
il construit de belles maisons.
Souvent dehors quand il fait bon,
il craint la mauvaise saison.
De ses doigts parfois engourdis,
avec un fil de fer recuit,
il assemble tous les treillis
et tous les aciers tors aussi.
Les fondations vite coulées,
les dalles fort bien talochées,
les murs aussitôt élevés,
le principal est terminé.
Quand le crépi est projeté,
l’échafaudage est démonté
et tout le chantier nettoyé.
Ce maçon a bien travaillé.
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65
Le maire
Comme les autres conseillers,
c’est avec la majorité,
dans les suffrages exprimés,
qu’il a été sélectionné
pour gérer, en délibérant,
la ville avec ses habitants.
Ce n’est pas un poste banal,
c’est l’officier municipal
et l’agent du pouvoir central
chargé de la publication
et de la bonne exécution
des lois et délibérations.
Pour être admis et respecté,
il doit être instruit et doué,
soucieux de la légalité,
mais doit aussi se déplacer,
convaincre et souvent écouter
l’ensemble des administrés.
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66
Le maquillage
Pour réussir un maquillage,
commencez par un nettoyage.
Un fond de teint bien étalé,
les deux paupières peu fardées,
un mascara sans recoller
tous les cils fort bien détachés,
un rouge à lèvres appliqué
au pinceau, c’est plus conseillé,
et vous voilà toute parée
jusqu’à la fin de la journée.
Avec vos sourcils corrigés,
vos paupières fort satinées,
votre regard très souligné,
votre bouche bien colorée
pulpeuse nette et désirée,
partout vous serez admirée.
Tout cela est sensationnel,
mais hélas trop superficiel.
Si vous voulez le constater,
un jour, sortez non maquillée.
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67
Le mini-golf humoristique
Mini c’est vrai je le suis,
charmant et varié aussi,
monté dans un paradis
éloigné de tous les bruits.
Politique ou variété,
je les ai tous épinglés,
même s’ils ont décidé
de devenir retraités.
Tout le monde vient ici,
pro et amateur aussi,
pour oublier ses soucis,
tous sont devenus amis.
Leur club tenu à deux mains
pousse la balle en chemin.
Le joueur maladroit bute,
le malin atteint le but.
Qu’ils aient gagné ou perdu,
toujours ils sont revenus
et ne sont jamais déçus
de cet endroit peu connu.
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68
Le miroir
La plaque de verre argentée
nue, encadrée ou biseautée,
reflète toute la journée
tout ce qui lui est présenté.
Un bon miroir bien plan vous rend
la réalité constamment.
S’il est du type déformant,
le résultat est étonnant.
Quand il se transforme en espion,
c’est pour mettre à l’abri vos ronds.
Pour être tenu dans la main
et se regarder en chemin,
il est petit et ne craint rien,
car prévu pour le sac à main.
Lorsqu’on le rend parabolique,
il est utile à la technique,
car il permet de surchauffer
à température élevée.
Il risque fort d’être cassé,
mais ne doit pas être caché,
il est du genre fort entêté :
la nuit, il ne veut travailler.
------ retour à la table des matières -----
69
Le moulin
Longtemps, longtemps, j’ai travaillé.
J’écrasais sans cesse le grain
pour fabriquer votre bon pain,
puis ensuite, des granulés.
Mais un jour on a décidé
que j’étais bien trop fatigué
pour continuer à tourner
et qu’il valait mieux m’arrêter.
De nombreuses années sont passées,
j’ai très vite été oublié,
puis on a voulu m’amputer
de ma roue pour la ferrailler.
Par chance vous êtes arrivés
simplement pour me conserver,
m’entretenir et me soigner,
mais vous m’avez bien rénové.
En votre bonne compagnie,
et celle de tous vos amis,
je vis et l’ennui est fini,
je crois même avoir rajeuni.
------ retour à la table des matières -----
70
Le pain
Un peu de farine et de l’eau,
très peu de sel et de levure,
mélangez bien et pétrissez,
laissez le tout se reposer
pour que la pâte soit levée.
Dans un moule fort fariné,
enfournez-le tout aussitôt
à la bonne température.
Quand la cuisson est terminée,
vous le sortez assez doré.
Si vous savez vous limiter,
demain vous le retrouverez.
Les Egyptiens l’avaient créé
pour que l’homme puisse manger,
l’humanité l’a conservé
car elle ne peut s’en passer.
------ retour à la table des matières -----
71
Le papy et la Secu
Tous les six mois notre vieux papy
allait consulter Max, un ami.
C'était un de ces fort bons toubibs
qui soignent par homéopathie.
Ce docteur chaque fois délivrait
une ordonnance qui supportait
l'indication "à renouveler,
valable pour six mois d'affilée".
Un mois était économisé
car Papy ne voulait avaler
toutes les quantités indiquées.
Il était très fier de s'en vanter.
Son rendez-vous étant décalé,
quelques cachets vinrent à manquer.
Il retourna donc vite chercher
le dernier mois inutilisé.
Un peu plus tard, il vit arriver
dans son courrier un "non remboursé".
Un délai de six mois dépassé
était le seul motif invoqué.
Le pauvre avait pourtant bien compris
qu'en économisant ces produits,
on pourrait un peu diminuer
à la Sécu, le trou constaté.
Son recours a été rejeté.
Écœuré, il a donc décidé
de ne plus rien économiser.
Tous les mois il s'est fait consulter.
Le docteur a un peu plus gagné,
le pharmacien, les mains s'est frottées,
les surplus, Papy les a jetés
et le trou a encore augmenté !
------ retour à la table des matières -----
72
Le petit paradis
Pourquoi donc revenir ici,
dans ce tout petit paradis,
très loin des bruits et des soucis ?
Parce que c’est très bien pardi !
Tous les enfants viennent jouer,
s’oxygéner et chahuter,
à l’abri de tous les dangers,
dans cet endroit très isolé.
Les parents, fort décontractés,
dégustent les spécialités
que le patron a préparées
pour ces clients privilégiés.
De bons repas sont appréciés
par les convives bien soignés,
toujours surpris de tout régler
sans jamais beaucoup dépenser.
Ah! si seulement ce moulin
était parfois sur mon chemin,
lorsque je repars le matin
pour mon travail de citadin.
------ retour à la table des matières -----
73
Le plancher
En sapin très souvent monté,
rarement en chêne ciré,
il s’est bien laissé raboter
mais n’aime pas être mouillé,
sinon il va se gondoler
pour vite nous le rappeler.
Le modernisme est arrivé,
le bois est parfois remplacé
par des panneaux agglomérés,
ou du béton dissimulé
sous des tapis aiguilletés
et des linos à bon marché.
Même si, lors du nettoyage,
certaines femmes de ménage
rechignent à le nettoyer,
à condition qu’il reste stable,
sa présence est incontestable.
Il est là pour tout supporter.
------ retour à la table des matières -----
74
Le politicien
Au départ c'est un homme très bien,
animé de bonnes intentions,
qui s'est présenté aux élections
soutenu par tous ses bons copains.
Il est toujours habile orateur
qui sait promettre et n'a jamais peur
d'être dans l'impossibilité
de faire ce qu'il a proposé.
Son macaron d'élu député
lui permet parfois de négliger,
sans jamais être réprimandé,
quelques règles de la société.
Mais s'il devient le politicard,
l'escroc, le truand, le combinard,
son immunité sera levée,
la justice va le condamner.
------ retour à la table des matières -----
75
Le pourboire
Petite « doudoune » chérie,
le service ici est gratuit,
même si les prix sont petits.
Ces filles qui nous ont servi
ont bénévolement agi,
elles ne gagnent pas leur vie.
Un pourboire gros ou petit
ferait leur joie à mon avis,
mais elles ne me l’ont pas dit.
Pour elles, chère et tendre amie,
donnez-moi un petit Louis,
elles seront vite ravies.
------ retour à la table des matières -----
76
Le premier avril des gendarmes
En avril, première journée,
pour ne pas être recherchés
et se retrouver la risée
d'une tradition respectée,
les "flics" ne doivent pas aller
sur la route pour se montrer,
surveiller ou verbaliser.
Par contre, ce jour de l'année,
ils ont le droit de se planquer,
juste pour aller déguster
un déjeuner bien mérité
que leur patron a commandé.
Aucun poulet n'est jamais cuit,
mais ils en sortiront ravis.
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77
Le quatorze juillet
Des milliers de gens compressés
attendaient dans l’obscurité.
Quand des avions ont survolé
cette immense place peuplée,
la pyrotechnique a claqué
et des soleils se sont montrés.
Sur cette grande tour âgée,
d’énormes images virtuelles
défilaient pour émerveiller
la foule déjà subjuguée
par les mélodies toujours belles
de cet artiste renommé.
Jean-Michel a très bien joué.
Tout le monde l’a acclamé
et, à regret, s’en est allé.
Mais ces images sont restées,
elles ont été enregistrées,
pour de nouveau nous les montrer.
------ retour à la table des matières -----
78
Le repas
Charcuterie et crudités,
petits friands et crustacés,
seront les premiers arrivés.
Ils vont vite être rattrapés
par les quelques morceaux grillés
d’une viande sélectionnée,
très gracieusement enrobés
de charmants légumes braisés.
Fromage, dessert, puis café,
arriveront dans la foulée.
Le tout sera accompagné
d’un bon grand cru millésimé.
Les convives vont apprécier,
et seront tous fort rassasiés.
------ retour à la table des matières -----
79
Le reveil
Tous les jours, de très bon matin,
quand on doit aller au turbin,
d’un bon réveil on a besoin
même si on n’est pas trop loin.
Les anciens étaient remontés
par un bouton ou une clé.
Leur tic-tac nous a énervés,
ils ont donc été remplacés.
Des engins plus sophistiqués,
munis d’un quartz alimenté
par des piles qu’il faut changer,
sont arrivés chez l’horloger.
Leur radieuse sonnerie,
que très souvent on apprécie,
nous prévient, s’il faut se lever,
très gentiment, sans nous brusquer.
Le progrès est fort apprécié,
plus besoin de le remonter,
mais il ne faut pas oublier
ses piles qu'il faut acheter.
------ retour à la table des matières -----
80
Le réveillon
Quand pendant une longue année
on a sans cesse travaillé,
il faut pour bien la terminer,
s’amuser et réveillonner.
Vers vingt heures c’est le début,
à minuit l’instant est venu
de souhaiter la bonne année
dans l’euphorie et la gaîté.
Tout le monde va s’embrasser,
trinquer, danser, rire et chanter.
A quatre heures c’est toujours bon,
c’est la grande soupe à l’oignon.
A six heures c’est terminé,
après s’être fort dépensés,
les convives vont se coucher.
Ils ont bien commencé l’année.
------ retour à la table des matières -----
81
Le rouge
Au café, tu bois le matin
et un client entre deux vins,
tenant un rouge dans la main,
te compare à une putain.
Vexée, très rouge tu deviens,
comme sa joue qui s’en souvient.
Après cette drôle d’histoire,
tu circules hors des couloirs,
le bras posé sur l’accoudoir,
mais un petit feu te fait voir
cette couleur du désespoir
marquant l’arrêt obligatoire.
Très vite tu veux profiter
de l’obligation de stopper
pour tenter de te maquiller,
mais tu te fais fort klaxonner,
le rouge à lèvres a glissé
et tu es toute barbouillée.
Ta journée a mal démarré,
tu arrives bien énervée
et ton patron s’est bien moqué.
Demain avant de t’en aller,
commence par te pomponner
et prends le temps de déjeuner.
------ retour à la table des matières -----
82
Le sapin et la brioche
Tous les ans, à l'approche de Noël,
un donateur inconnu vient livrer
dans le village, devant chaque entrée,
un joli petit sapin naturel
que l'occupant s'applique à décorer.
A l'aide de papier aluminium,
de guirlandes ou de petits bonshommes,
toutes les familles vont s'amuser
à garnir avec ingéniosité
ce résineux vert qu'on leur a donné.
La tradition se poursuit par un don.
En échange de la décoration,
chaque ménage ayant participé
reçoit une brioche bien dorée
payée par la municipalité.
Cette admirable générosité,
au fil des ans, s'est fort désagrégée.
Certains décorent et sont oubliés,
d'autres, qui n'ont rien fait, sont gratifiés!
L'égalité serait-elle effacée?
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83
Le seminaire
Lorsque votre meilleur ami
vous déclare qu'il est parti
un certain temps en séminaire
et qu'il s'est fort bien amusé
sans avoir vu le temps passer,
n'ayez pas un air médusé
car il n'est pas parti prier
dans un couvent en missionnaire.
Il est tout simplement allé
en croisière se promener,
lors d'un voyage organisé
par une entreprise privée,
dans le but de bien informer,
remercier et rapprocher
tous ses clients privilégiés,
afin de les fidéliser.
Quand il aura tout détaillé
en précisant : bourse liée,
opportuniste vous allez
en profiter pour l'emmener
voir ce magnifique collier
exposé chez le bijoutier.
A votre tour d'en abuser,
mais là, c'est lui qui va payer.
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84
Le soleil
Même si le temps est pluvieux,
une énorme boule de feu,
très éloignée de notre terre,
réchauffe toujours l’atmosphère.
Son ombre souvent regardée,
donnait, sans être déréglée,
l’heure sur le cadran solaire,
à tous nos arrière-grands-pères.
Quand il ne montre pas son nez,
on ne cesse de l’appeler.
S’il tarde trop à se cacher,
la nature est vite grillée.
Sous ses rayons ultra violets,
certains retirent leurs effets,
d’autres préfèrent s’entraîner
sur des pentes fort enneigées.
Lorsqu’il est là, on est ravi,
s’il est caché, on est aigri,
dans tous les cas, toujours il vit,
car sans lui, la vie est finie.
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85
Le soutien-gorge
Cet indispensable ustensile,
le plus souvent bien agrafé
pour lui éviter de tomber,
à enlever est très facile.
Il ne doit pas être porté
sur l’épaule comme du blé,
ni en guise de cache-nez.
Il est conçu pour maintenir
caché, ou faire ressortir
et mettre en valeur pour montrer,
cette partie bien potelée
dont la femme a été dotée
et que les hommes aiment bien
avoir parfois entre leurs mains,
qu’elle soit fort grosse ou plus fine
et que l’on nomme la poitrine.
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86
Le stylo
Un corps coloré ou nacré,
un chapeau pour bien le fermer,
un réservoir pour conserver
ce que la plume va lâcher
en quantité fort régulée,
il nous permet de tout noter.
Si son porteur est surdoué,
il produit en une journée
beaucoup de pages dessinées.
Ce n’est pas parce qu’il est noir
qu’il sait écrire des histoires
à classer dans la série noire.
S’il se trouve chez un banquier,
pour écrire sur les chéquiers,
il a un travail de ramier.
C’est un instrument dirigé,
que l’on ne peut pas accuser
lorsqu’une faute est constatée.
------ retour à la table des matières -----
87
Le sucre
Ce tout petit morceau bien blanc,
qui va fondre rapidement
pour satisfaire les gourmands,
dans le café ou dans le thé
et pour le petit déjeuner,
heureusement est bon marché.
Vendu dans les pâtisseries
en gâteau et en glacerie,
décoré en confiserie
en sucettes et sucreries,
il est là pour la gâterie
mais jamais pour la goinfrerie.
Même s’il est fort apprécié
et qu’il se laisse déguster,
n’essayez pas d’en abuser
car vous vous en repentirez
lorsque vos dents vont s’abîmer
et votre poids bien augmenter.
------ retour à la table des matières -----
88
Le Taissotin
Taissy est un charmant village champenois
prenant son origine du temps des gaulois.
Une population de jeunes et d’anciens,
tout naturellement chaque jeudi matin,
fonce chercher gratuitement un bulletin
appelé par ses créateurs « Le Taissotin. »
Mars quatre-vingt-trois, la municipalité,
en pionnière, a décidé de le lancer.
Dans la nuit du mardi, il était rédigé,
le mercredi imprimé, mais aussi plié.
Une feuille blanche, simple ou double parfois,
entièrement remplie d’informations de choix,
ouverte aux annonces de tous les Taissotins,
est vite devenue l’indispensable lien.
Aujourd'hui, personne ne peut plus s'en passer.
Qu'attendez-vous, il est grand temps de l'imiter!
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89
Le tricheur
C’est souvent lui qui veut noter,
car ça permet de se tromper
dans les résultats à marquer,
sans risque d’être repéré.
A son tour de distribuer,
en relevant, quand c’est coupé,
il va prestement regarder
la dernière carte à donner.
Aucune erreur n’est tolérée,
l’arbitre est vite demandé,
des petits gestes bien cachés,
la fausse donne est recherchée.
De perdre toujours, il a peur,
et même s’il est fort doué,
il ne peut jouer sans tricher
car c’est un très mauvais joueur.
------ retour à la table des matières -----
90
Le tuyau
Pour permettre de transvaser
les liquides à déplacer,
nos ancêtres l’ont inventé,
mais il était confectionné
en matériau de plomb maté
que l’on ne pouvait remuer.
Il est maintenant fabriqué
en conduit souple plastifié
pour que tu puisses arroser
le verger ou le potager.
A bon marché, il va trouer
et tu seras vite aspergé.
Attention au tuyau percé
qu’un turfiste va te donner
pour t’inciter à rejouer
au quinté plus ou au tiercé.
Aucun risque d’être mouillé,
mais des chances d’être ruiné.
Dans tous les cas il est utile,
à condition de vérifier
son origine et qualité
pour être sûr d’avoir payé
sans avoir à le regretter,
mais cela est plus difficile.
------ retour à la table des matières -----
91
Le ver de terre
Lorsqu’un minable ver de terre
décide de prendre un peu l’air
en sortant dans un poulailler,
il va finir dans le gésier
d’un animal très haut perché
qui plus tard se fera plumer.
Mais s’il se fait récupérer
par un enfant qui va pêcher,
il sera très vite embroché
sur un hameçon bien caché
pour servir de leurre et tromper
un petit poisson affamé.
Les assassins devront payer
sans jamais être condamnés.
Tous les deux seront cuisinés :
le gallinacé découpé,
le poisson un peu fariné
et le lombric sera vengé.
------ retour à la table des matières -----
92
L’eau
Quand elle est en bonne santé,
elle est sans cesse utilisée :
pour les biberons de bébé,
tous les matins pour se doucher,
puis dans les plats pour cuisiner
et bien sûr se désaltérer.
Si du chlore y est ajouté,
elle est bonne pour se baigner
dans une piscine chauffée.
Même lorsqu’elle est fort souillée,
bateaux et embarcadères,
transportant toutes matières,
flottent sans être incommodés.
Comme on ne peut pas s’en passer,
il faut donc bien la protéger,
éviter de la gaspiller
et ne jamais la polluer.
------ retour à la table des matières -----
93
L’école
Tout petit j’allais à l’école
encadré d’Andrée et Nicolle.
Maman nous y accompagnait
et toujours elle nous suivait.
J’attendais qu’elle soit partie
pour commencer une partie
de billes ou de cache-cache,
jusqu’au tintement de la cloche.
Aujourd’hui ça ne se fait plus,
car cette école a disparu.
Qui pourra donc bien m’expliquer
pourquoi le Maire l’a fermée ?
------ retour à la table des matières -----
94
L’égalite
Quelques régions sont inondées
car les cours d’eau ont débordé.
D’autres voudraient être arrosées
car le soleil vient tout brûler.
Tout un village est sinistré
car la tempête a tout brisé.
Un homme a tout pour pénétrer
dans la propriété privée,
il peut aussi s’en retirer.
La femme n’est pas équipée,
elle peut juste refuser
ou autoriser ces entrées.
Le travail est un droit pour tous,
mais les chômeurs en sont privés
et beaucoup d’âgés rejetés.
Pourtant certains privilégiés
se permettent de cumuler
car ils n’en ont jamais assez.
L’égalité est proclamée.
Si on ne peut pas modifier
la nature ni la dompter,
quand de l’argent est engagé,
elle est trop souvent oubliée
au profit des favorisés.
------ retour à la table des matières -----
95
L’ énergie
Créée pour tous nos bons amis
qui profitent sans abuser
des doux joyaux de cette vie,
une de nos spécialités,
que tout le monde nous envie,
se nomme toujours « Énergie ».
Sa recette fort secrète
chaque année est renouvelée,
quand viennent les grandes fêtes,
pour que vous puissiez y goûter
en faisant la « trombinette »
de celui qui sait apprécier.
Il faut savoir la savourer
en modérant bien ses envies,
car si vous ne vous arrêtez,
même en montant au paradis,
c’est trop idiot de nous quitter :
ils n’y vendent pas l’ « Énergie ».
------ retour à la table des matières -----
96
L'entretien
Dans son fort joli petit moulin,
la mamie, son pinceau à la main
sur une échelle, est admirée
par les touristes de la contrée.
Elle a la charge de lasurer
une fenêtre consolidée
à l'aide d'éléments rapportés
par son mari, bricoleur doué.
Presque tous les dimanches matin,
en empruntant le même chemin,
quelques jeunes font leur entretien,
à bicyclette, ça fait du bien!
Mais aussitôt le vélo rangé,
ils vont se retrouver attablés,
appréciant le repas préparé:
s'entretenir, c'est aussi manger!
L'entretien sert donc à protéger
ce que l'on désire conserver
avant que tout ne soit dégradé
ou trop onéreux à réparer.
------ retour à la table des matières -----
97
Les chaussures
Toutes les petites chaussures
sont fort pratiques pour danser,
mais pour la cueillette des mûres,
on ne peut les utiliser.
Certaines ont très belle allure.
D’autres sont en déconfiture
car trop longtemps utilisées
par les clochards ou va-nu-pieds.
Quant aux brodequins de l’armée,
il vaut mieux ne plus y penser
même s’ils ont été volés
lorsqu’elle vous a libéré.
Mais pour être très bien chaussé,
sans ampoule ni pied brûlé,
prenez donc la bonne pointure,
sans trop tirer sur la facture.
------ retour à la table des matières -----
98
Les cheveux
Sur la tête ils sont implantés
pour permettre de moduler
l’image que l’on veut montrer
à ceux qui vont nous observer.
Pour être sains et vigoureux,
il faut souvent prendre soin d’eux :
les laver et bien les brosser,
les fortifier et les couper.
La science a maintenant donné
à tous la possibilité
de les plaquer ou les gonfler,
les boucler et les colorer.
Mais il ne faut pas s’y tromper,
si l’apparence est modifiée
et le physique amélioré,
tout le reste n’a pas changé.
------ retour à la table des matières -----
99
Les clés
Laissant à sa fidèle employée
depuis longtemps le soin de fermer,
tous les soirs un petit commerçant
quitte son magasin en allant
dans l’arrière boutique chercher
un gros trousseau de petites clés
indispensables pour pénétrer
chez lui, dans un village éloigné.
Or un soir, sans doute trop pressé,
il a décroché et emmené
un autre jeu, par erreur, placé
à cet emplacement réservé.
Il aurait pourtant pu constater
que cet ensemble était plus léger,
mais l’automatisme l’a guidé
et, sans souci, il s’en est allé.
A peine venait-il de stopper,
qu’il fut aussitôt fort intrigué
par son téléphone qui sonnait.
La gentille serveuse appelait,
car elle ne pouvait pas quitter,
toutes les clés s’étant envolées.
Il dut hélas vite constater
qu’en les prenant, il s’était trompé.
Le magasin n’était pas bouclé
et chez lui, il ne pouvait entrer.
Il ne lui restait qu’à retourner
à l’endroit où il s’était trompé.
Cela ne serait pas arrivé
et il n’aurait pas effectué
ce long trajet qui l’a fatigué,
s’il avait pris soin de vérifier.
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100
Les cuillères
En argent ou même en fer,
elles sont dans les couverts.
Très petite elle nous sert
à savourer les desserts.
La moyenne est destinée
à porter, sans se baisser,
à sa bouche, puis vider,
les potages parfumés.
Quand on arrive à la louche,
plus question d’ouvrir la bouche,
mais en grande quantité,
on va pouvoir déplacer
les produits qui vont couler.
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101
Les fans
Garçons et filles, peu âgés,
ils sont tombés fort amoureux
d’une star, hélas, trop loin d’eux.
Ils ont le besoin d’admirer,
la passion de se retrouver
parmi les autres animés
du même sentiment d’aimer
ces personnages adulés.
Tout ce qui touche leur idole
se vend bien, car ils en raffolent.
Les photos et les magazines,
les souvenirs de ses concerts,
les pochettes et les posters,
décorent même leur cuisine.
Ils sont prêts à tout sacrifier,
juste pour pouvoir l’approcher.
Lorsqu’ils deviennent des adultes,
souvent ils conservent ce culte
à l’idole qu’ils ont aimée.
Ca leur permet de résister
aux problèmes de société
qu’ils vont très vite rencontrer,
dès qu’ils se seront éloignés
de la famille où ils sont nés.
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102
Les jumeaux
Quand maman commande un bébé,
elle est fort loin de se douter
que deux enfants vont arriver.
Si le doublé est annoncé,
les projets vont être changés,
mais tout sera bien installé
pour l’arrivée des nouveau-nés.
Les toutes premières années,
elle va être débordée,
mais saura très bien s’en tirer.
Dès qu’ils seront scolarisés,
le calme va enfin régner
quelques heures de la journée.
Les jumeaux seront admirés
et la maman félicitée,
ce qui lui fera oublier
cette fatigue accumulée
durant ces très longues années
consacrées à les élever.
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103
Les lunettes
Bien assises sur votre nez,
elles servent à corriger
la vision quand vous les portez.
Le matin vous les ajustez
et le soir vous les retirez
juste avant d’aller vous coucher.
Évitez de les égarer,
leurs verres ne sont pas donnés
et chaque fois mal remboursés.
Mais si vous les utilisez
simplement pour vous protéger
la vue du soleil en été,
il faut toujours les transporter
dans un étui très bien fermé,
pour qu'elles ne soient pas cassées.
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104
Les malheurs de Pierre
Tout au long de la semaine,
notre ami Pierre est enfermé
dans une ville romaine,
avec de l'air fort pollué.
Sur les trottoirs, il sait jongler
avec les crottes parsemées
pour ne pas sur elles glisser,
puis sur le parcours embaumer.
Le soir, il doit jusqu'à minuit
supporter voitures et bruit.
Ca recommence vers quatre heures,
au passage des éboueurs.
Le week-end, heureux il s'en va
dans cette campagne là-bas
où ses parents lui ont laissé
une maison bien conservée.
Devant chez lui, sur la chaussée,
des bouses sont fort étalées
et les vaches ont arraché
les fleurs qu'il avait fait pousser.
Guêpes, aoûtats ou bourdons,
sans oublier tics et taons,
ne cessent de l'importuner,
dès que dehors, il sort le nez.
Pour protéger les cultures,
le canon, dans la nature,
à cadence fort rapprochée,
tire la nuit sans se gêner.
Mais où donc pourrait-il aller
juste pour bien se reposer,
l'esprit tranquille et retrouver
des forces pour aller trimer?
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105
Les perruches
De très belles couleurs sont de mise,
qu’elles soient blanches ou même grises,
elles se prennent pour des marquises
fanatiques de la vocalise.
A l’abri derrière ce grillage,
elles font admirer leur plumage
à tous les curieux de tous les âges,
qu’ils soient d’ailleurs ou de ce village.
Pour animer un peu notre vie,
tous les jours et parfois quelques nuits,
elles nous chantent un gazouillis
qui doit dire : «bonjour les amis ».
Quand le soir vous vous apercevez
qu’à l’abri, elles vont se percher,
il est grand temps pour vous de rentrer :
l’heure de fermer est arrivée.
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106
Les ponts
En pierre ou béton armé,
pour y rouler ou pour marcher,
ils ont toujours été montés
pour nous aider à traverser
facilement et sans danger,
fleuves, rivières ou vallées.
Quand tu passes sur Tancarville,
n’arrête pas sur une file,
simplement pour aller compter
tous les petits bateaux poussés
sur la Seine et son eau plissée,
car tu serais verbalisé.
Et en allant à Garabit,
tu vois tracé, en tout petit
au fond, le lit de la Truyère,
en montant sur ce pont de fer,
mais jamais le moindre voilier,
même s’il n’y a pas de pilier.
Surtout n’oublie pas d’admirer
le pont des fées, à Gérardmer.
Ces ouvrages sont contrôlés,
bien entretenus pour durer
et étudiés pour résister
si la nature est déchaînée.
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107
Les poupées
Au début en cire et chiffon,
par la suite en bois et carton,
quelquefois remplies de coton,
plus souvent de laine et de son,
elles sont toujours demandées
de plus en plus perfectionnées.
Aujourd’hui on peut les laver,
les coiffer et les habiller,
les faire parler ou chanter,
marcher et même bien danser,
mais il ne faut pas oublier
de remplacer la pile usée.
Elles ont été inventées
pour la fille et le nouveau-né.
Les mœurs ayant évolué,
de charmantes sont arrivées
pour dormir avec les pépés,
mais il faut d’abord les gonfler.
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108
Les quilles savoyardes
A l’aide d’une boule ovale,
sans vouloir leurs faire de mal,
tu frappes les piges dressées
toujours à neuf dans un carré,
dans le but de tout éjecter
bien en dehors de ce tracé.
Mais ces simples petites quilles,
implantées et numérotées
suivant leur possibilité
de sortir une fois touchées,
ont des réactions mitigées,
très proches de celles des billes.
Quelques-unes vont basculer :
à l’intérieur c’est refusé,
à l’extérieur c’est accepté.
Si tu as su totaliser
juste vingt-sept points, c’est gagné,
si c’est plus, tu dois rejouer.
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109
Les tartines
Notre petite Valentine
adorait manger des tartines.
Maman craignait pour sa santé,
mais ne voulant pas la priver,
décida d’aller consulter
un professeur fort renommé,
qui a aussitôt déclaré :
« Du pain, il faut lui en donner. »
« Le pain complet peut éviter
qu’elle soit un jour constipée.
Ses sucres sont bien absorbés,
très lentement et sans danger.
Pas un seul risque de grossir,
car presque sans graisse à détruire.
Mais il ne faut pas tartiner
avec du beurre ou du pâté. »
Rassurée, elle était rentrée
et avait vite découpé
des grosses tranches, refermées
sur des bananes écrasées.
Quand Valentine est arrivée,
tout le pain était avalé.
L’enfant déçue en fut privée,
maman n’avait pu résister.
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110
Les vacances de Denis
Un gamin de quatre ans âgé
qui ne cesse de discuter,
avait à ses parents dicté:
"Aux vacances, je resterai
chez mamie et vous partirez."
Fort heureux de se reposer,
ils ne se sont pas fait prier
pour respecter sa volonté.
Avec mamie il est resté,
content de les voir s'éloigner.
Pendant huit jours, il a joué,
batifolé et raconté
l'histoire d'une année passée
à chahuter et harceler
ses parents pour les énerver.
Ses grands-parents se sont marrés,
avec humour ils l'ont guidé
pour l'assagir et lui montrer
que bêtises, peur et chagrin,
peuvent s'effacer vite et bien.
Ils n'ont bien sûr pas oublié
d'énumérer et de confier
à ce petit qui écoutait
quelques âneries et méfaits
que son papa aussi faisait.
Lorsque les parents sont rentrés,
vers eux il s'est précipité
leur déclarant réconforté:
"Même sans mon petit frère,
j'ai passé avec ma mamie
les plus extraordinaires
grandes vacances de ma vie!"
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111
Les vacances mouvementées de papy
Papy n'aimait pas quitter son village,
il préférait faire son jardinage.
Un jour pourtant, ma sœur l'a amené
quelques jours, pour lui changer les idées.
Tous les enfants étaient fort enchantés,
avec eux, il ne cessait de jouer,
dans le sable, sur l'eau ou la forêt,
balance, canoë, tout y passait.
Ses courtes vacances furent marquées
par des incidents qui nous ont choqués,
angoissés, mais qui se sont terminés
par des fou-rires généralisés.
Un pied dedans le frêle canoë,
l'autre sur la berge reste accroché
et voilà le papy, à l'eau, tombé.
Maître nageur, il est sorti trempé.
De son portefeuille il a étalé,
en rang d'oignons, pour les faire sécher,
une quantité de billets mouillés,
qui, par la suite, ont été repassés.
En plein élan sur une balançoire,
comme un oiseau qui tombe du perchoir,
papy s'est retrouvé vite étalé
sur le gazon, la corde avait cassé.
Malgré le choc, seul, il s'est relevé
faisant le clown, comme à l'accoutumée,
rien que pour faire rire l'assemblée,
mais il n'a jamais voulu remonter.
A regret, il est parti retrouver
une vie paisible de retraité,
mais il avait, avant, distribué
son stock de billets fort bien acceptés.
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112
Les vitamines
C’est une source de santé
et de bonne vitalité.
Tu dois toujours en consommer,
mais il ne faut pas oublier
qu’elles sont fort neutralisées
par des produits à éviter.
L’alcool noie les A, C et P,
le tabac enfume les C,
la pilule avale les B.
Beaucoup d’autres médicaments
et régimes amaigrissants
ne sont pas les plus innocents.
Tu peux parfois les compléter
d’une façon très concentrée
sous la forme de comprimés,
mais il vaut mieux les déguster
dans l’aliment vitaminé
de tes repas diversifiés.
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113
Les voyages
Au bon vieux temps, nous partions tous les ans
chez ma tante, passer de longs moments.
De bonne heure il fallait prendre le car
pour nous permettre d'aller à la gare.
A l'heure précise, un tortillard
démarrait pour nous déposer plus tard
sur les quais d'un village campagnard
dissimulé sous un épais brouillard.
Plus de deux heures souvent s'égrenaient,
sur cette horloge qui était fixée
bien au centre de la porte d'entrée,
lorsque la micheline se montrait.
Notre petit parcours se poursuivait,
dans cette campagne non polluée
où il est facile de respirer,
jusqu'au terminus où l'on descendait.
Une journée s'était vite écoulée,
mais nous étions tous heureux d'arriver
chez notre tante qui nous adorait
même si parfois on l'exaspérait.
Ces vacances étaient fort occupées,
on ne voyait jamais le temps passer
et quand arrivait le jour de rentrer,
il nous fallait hélas bien la quitter.
Fin de matinée nous étions montés
dans un autorail déjà stationné
et le chemin inverse commençait
jusqu'à cette gare où l'on descendait.
Pour compliquer ce retour morose
l'autobus n'arrangeait pas les choses,
car ce dernier était déjà parti
à cette heure tardive de la nuit.
Pas d'autre solution que de marcher
dans la nuit à petits pas cadencés.
Papa et maman parfois nous portaient
en plus des bagages et ils suaient.
Trois heures chantées pour s'encourager,
à bon port, nous étions tous arrivés.
Quelques ampoules très vite percées,
un peu d'eau, et nous montions nous coucher.
Aujourd'hui tout cela a disparu,
attendre et marcher, on ne le fait plus,
la voiture est un moyen plus aisé,
si l'on n'est pas, dans un bouchon, bloqué.
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114
Les yeux
Sur un visage doux ou rugueux,
on les retrouve toujours par deux,
admirablement bien dessinés
sous des écrans à peine voilés.
A l’abri derrière une paupière
munie de longs cils pour mieux plaire,
ses sensibles globes oculaires
produisent parfois une rivière.
Dans une mer blanche bien marquée,
ses deux embarcations circulaires,
fort colorées de bleu ou de vert,
nous poursuivent toute la journée.
Et comme ils doivent se reposer,
sitôt que l’on sera allongé,
ses deux rideaux vont se refermer
sans être obligé de les tirer.
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115
L’étranger
Un citoyen assez serein
venu sur terre à Villefranche
ou sur les coteaux d’Epernay,
même s’il a une peau blanche
et parle fort bien le français,
n’est pas très souvent accepté
dans la campagne reculée
où il possède un petit bien.
S’il refuse de magouiller,
il devient un « étranger ».
Dans ces villages d’arriérés
où l’anarchie est pratiquée,
connue et hélas tolérée,
tout nouvel arrivé dérange,
car il peut trouver fort étrange
cette seule loi respectée :
« Ici, on fait ce que l’on veut,
les étrangers, pas besoin d’eux. »
On n’hésite pas à voler
le bien de la communauté,
les chemins sont tous cultivés,
l’environnement est souillé,
les bois sont coupés puis brûlés,
le ruisseau charrie les W.C.
Le maire n’est pas le dernier.
Il sait aussi faire appliquer
les règles qu’il entend dicter,
mais oublie qu’il est le premier
magistrat élu au village,
pour rappeler la loi des sages.
Si toi aussi, jeune « étranger »,
tu décides de t’acheter
une maison pour y passer
de beaux grands jours de retraité,
fuis ces patelins de tarés,
tu ne pourrais t’y reposer.
------ retour à la table des matières -----
116
L’évolution
La femme autrefois reléguée
à la soupe et aux nouveau-nés
est maintenant émancipée.
Plus de cuisine mitonnée :
les bons repas qu’elle a dressés
sont presque toujours achetés
en magasin et réchauffés.
Les naissances sont raréfiées :
ce n’est plus la fatalité
qui fait venir des acceptés,
mais les commandes désirées,
car tout cela est maîtrisé.
Ses habits ont diminué,
parfois même ils sont oubliés.
La pudeur n’est plus respectée,
le sexe est là pour s’amuser.
Son défaut d’aller cancaner
et de quelquefois divulguer
les secrets qu’on lui a confiés,
comme le reste, est toléré.
Mais si une belle à croquer
décide de tout commander,
elle est très vite rejetée,
car l’homme ne veut se priver
de ce plaisir de chapeauter
celle qui vit à son foyer.
------ retour à la table des matières -----
117
L’habit
Un habit n’a jamais fait un moine,
mais si le moine n’a pas d’habit,
même si la vérité, il dit,
on ne veut pas le croire et on rit.
Pour aller à une réception,
on porte robes et pantalons,
vous serait-il venu cette idée
de vous y rendre mal habillé ?
Une fille avec un pantalon
peut être prise pour un garçon,
mais elle se ferait enfermer
si elle décidait de l’ôter
pour nous prouver sa féminité.
Le long des trottoirs rue Saint Denis,
les belles de nuit sont court vêtues,
comment gagneraient-elles leur vie
sans vous aguicher dans cette rue ?
Le plus souvent pour se protéger,
mais quelquefois pour se distinguer,
dans tous les pays civilisés,
l’humain est tenu de le porter.
------ retour à la table des matières -----
118
L’homme
A peine haut comme trois pommes,
il voudrait déjà être un homme.
Pour l’imiter il veut marcher,
à chaque instant il va tomber.
Sa maman doit le surveiller,
car toujours il est en danger.
Le soir elle doit le bercer,
il n’est jamais fort fatigué.
Quand il sera émancipé,
sans sa mère pour surveiller,
il restera toujours bébé.
Il va très vite rechercher
sa femme pour le câliner,
l’adorer et l’accompagner
jusque dans la chambre à coucher.
Mais là, il va beaucoup changer
avant de retrouver Morphée,
car il voudra d’abord prouver
à celle qui a succombé,
qu’il est capable de semer
pour procréer de beaux bébés.
------ retour à la table des matières -----
119
L’horloge
Le cadran n’est pas le plus grand,
mais le seul regardé souvent.
Il supporte ses vingt-quatre heures,
mais cela ne lui fait pas peur.
Animées d’un lent mouvement,
deux aiguilles bravent le temps.
La petite indique les heures
et la grande n’a jamais peur
de lui passer devant le nez,
Vingt-quatre fois dans la journée,
simplement pour bien nous montrer
le temps en train de s’égrener.
Le carillon a résonné :
une heure vient de s’écouler.
Les autres vont se succéder
jusqu’à la fin de la journée.
Si le ressort est remonté,
le cycle va recommencer.
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120
L'ignoble contremaitre
Pour créer un parc des expositions,
d'immenses bâtiments étaient dressés
par plusieurs entreprises de renom
sur des sous-sols fortement bétonnés.
Les passages n'étant pas réservés,
chaque spécialité devait percer
tous ces murs fort épais, pour y passer
les canalisations à installer.
En arrivant, le plombier fut surpris.
Quelqu'un avait fait tous les trous pour lui.
Il ne lui resta qu'à poser, fixer,
emboîter ses tubes, puis les souder.
Grâce à cet imprévu inespéré,
ses installations ont vite avancé.
Il ne lui restait plus qu'à raccorder
plus tard les appareils pour terminer.
Ce besogneux était loin de penser
que son travail allait être cassé
par l'équipe qui avait préparé
son intervention en venant percer.
De rage, après avoir constaté
que ses percements étaient occupés,
un contremaître ordonna d'arracher
tout ce qui, dans ses trous, était passé.
Son directeur régional convoqué
soutint que ce carnage, effectué
par ses employés nationalisés,
était justifié par les trous volés.
Outré par cette réponse insensée,
l'architecte exigea que soit viré
du parc le chef qui avait ordonné ;
mais le plombier dut tout recommencer.
L'ignoble responsable fut muté
dans une région fort ensoleillée,
où, en grade, il est aussitôt monté.
L'a t'on bien puni ou récompensé?
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121
L’infirmière
Jolie, simple, pas trop sévère,
elle fait tout pour satisfaire
ceux qui conservent leurs manières,
les souffrants assez ordinaires
et même ceux qui croient lui plaire.
On peut l’observer et la voir
trottiner dans ce long couloir,
pour sans cesse aller surveiller,
soigner, préparer, rassurer,
tous ces malades alités.
Malgré son fort petit salaire,
les médecins qui l’exaspèrent,
les familles toujours derrière,
rien ne l’empêchera de faire
son joli métier d’infirmière.
------ retour à la table des matières -----
122
L'inoubliable retour
Tous les week-ends, pour se reposer,
dans la camionnette aménagée,
toute la famille s'installait
et avec le cheval, on partait.
Quelques kilomètres à rouler
pour être tous vite libérés
dans cette unique propriété
où tout le monde aime bien aller.
Un dimanche après avoir mangé,
la neige commença à tomber.
Pour être sûr de pouvoir rouler,
on décida de vite rentrer.
Mécontent du départ avancé,
trop heureux de pouvoir gambader
sur cet élément inopiné,
le cheval refusa de monter.
Après une course immodérée,
toute la famille étant claquée,
il se laissa enfin attraper
et monta fier de s'être amusé.
Le camion commençait à glisser
sur cette route fort enneigée,
quand le pneu droit arrière a crevé;
il fallut de suite s'arrêter.
Le véhicule fut soulevé
et la roue aussitôt remplacée
sous la neige battante, glacée;
heureusement Kim n'a pas bougé.
Le reste du trajet s'est passé
sur une route non dégagée.
Après toutes ces difficultés,
nous étions heureux d'être arrivés.
Le samedi suivant, on partit
tous, comme d'habitude pardi !
Mais Kim n'a plus été ramené:
dans le très grand parc, il est resté.
------ retour à la table des matières -----
123
L’insomnie
Je suis nerveuse et angoissée
car mon Théo n’est pas rentré.
Que lui est-il donc arrivé ?
Lorsqu’il est l’heure de manger,
il vient toujours me réclamer.
Depuis midi je l’ai cherché
partout, et l’ai bien appelé,
mais je n’ai pu le retrouver.
Celui qui dort à mes côtés
se moque de mon anxiété.
Il n’arrête pas de ronfler
et n’est même pas réveillé
lorsque j’allume pour aller
régulièrement regarder
si mon cher minet adoré
ne m’attend pas devant l’entrée.
Pourquoi n’est-il donc pas rentré ?
------ retour à la table des matières -----
124
Ma langue
Ma petite langue est douée,
grâce à elle je peux goûter,
choisir, savourer, déguster
ce que je désire avaler.
Normalement toujours rentrée,
il m’arrive de la montrer
lorsque je t’envoie balader,
ou quand je désire humecter
mes lèvres un peu trop séchées.
Elle adore aussi te parler,
même si parfois trop pressée,
elle néglige de tourner
sept fois avant de t’envoyer
des insultes ou vérités
pas très bonnes à révéler.
Je ne pourrais pas m’en passer.
Merci de me l’avoir donnée.
------ retour à la table des matières -----
125
Ma poulette
Assis sur un banc dans le pré,
depuis peu, pour me reposer,
j'étais en train de rêvasser
quand la poulette est arrivée.
Une marche fort cadencée,
une couleur de pain doré,
un peu de rouge fort marqué,
inouï, je croyais rêver!
Respectant l'hospitalité,
avec joie, je l'ai acceptée,
nourrie, logée et cajolée
pour ne pas la voir me quitter.
Chaque jour, lorsque je rentrais
après avoir bien travaillé,
elle accourait vite et gloussait,
heureuse de me retrouver.
Je devais la récompenser
des gâteries qu'elle faisait,
car tous les jours elle pondait
un petit œuf que je gobais.
------ retour à la table des matières -----
126
Marc et ses protegées
Au printemps, il gratouille avec joie le terrain,
comme un petit malin, il fait cela fort bien.
Puis avec calme et sérénité, un matin,
il sème tous ses grains, assis sur un coussin.
Pour s'assurer que rien ne leur est arrivé,
chaque jour il fait un petit tour en voiture,
éliminant les vermines de la nature
par des produits nocifs qu'il sait pulvériser.
Prenant soin de ne jamais trop les bousculer,
il adore voir les parties charnues gonfler
et s'extérioriser tout au long de l'année,
car sa mise va être rentabilisée.
Quand il en aura assez de les engraisser,
il va fort les décolleter puis les charger
et les exposer en bordure de chaussée
pour qu'elles se fassent, par d'autres, maltraiter.
Enfermées dans une boite spécialisée,
d'atroces sévices, elles vont supporter
et ce qu'elles ont de meilleur sera volé
pour le mettre en vente dans un supermarché.
Marc a oublié ses petites protégées
lorsqu'un gros chèque lui a été crédité,
mais l'an prochain, c'est sûr, il va recommencer :
des graines de betteraves seront semées.
------ retour à la table des matières -----
127
Martine et le régime
Depuis dix ans qu'ils étaient mariés,
ma fort grande copine Martine
aimait faire la bonne cuisine
à Pierrot qui savait l'apprécier.
Pour ressembler à ces mannequins
qui n'ont pas de rondeurs ni de seins,
elle se mit à suivre un régime
qui ne lui donnait pas bonne mine.
L'alimentation fut modifiée,
des règles strictes furent dictées,
aucune sortie avec dîner,
Pierrot commençait à s'inquiéter.
De fort jolie femme bien moulée,
en refusant de se limiter,
elle devint planche à repasser
avec un mental diminué.
Le mari a perdu son aimée,
las de ne pouvoir la raisonner,
à la tentation il a cédé,
une autre dodue l'a consolé.
Mesdames, conservons nos rondeurs,
repoussons les marchands de minceur
qui ne pensent qu'à faire leur beurre
au détriment de notre bonheur!
------ retour à la table des matières -----
128
Mes professeurs
Dans ma jeunesse j'ai côtoyé,
comme bon nombre de mes aînés,
une quantité de professeurs.
Bien ou moins, tous ont fait mon bonheur.
Beaucoup sont sortis de mes pensées
mais d'autres restent à jamais ancrés
pour les souvenirs qu'ils m'ont laissés.
Une sévérité trop brutale,
"Adem" et son poing qui faisait mal,
si l'alignement était banal.
Le plus farfelu que j'ai connu:
"Le gaulois" qui, une nuit, a vu
se poser sur l'antenne un barbu!
Un petit en taille, mais rusé:
"Le Steff", avec ses yeux déréglés,
caché derrière un journal troué!
"Pshut le canard", ancien retraité
qui se contentait de recopier
le manuel d'électricité.
"Biry" le prof aux cheveux dressés,
un jeune qui sortait de l'armée.
Grâce à lui, j'ai fort évolué.
"Titounet" qui a su s'absenter
juste le temps de pouvoir copier
la réponse impossible à trouver.
De trop nombreuses années sont passées,
tout ce petit monde est dispersé,
impossible de les retrouver,
mais ici, j'envoie une pensée
à ceux qui ont su me supporter
avec mes défauts, pour m'enseigner.
------ retour à la table des matières -----
129
Mon journal
Les dimensions fort peu banales
font de cet important journal
un quotidien que je tiens mal.
Lorsque je veux le consulter,
mes bras restent longtemps levés
et sont très vite fatigués.
Mais j'adore le regarder
car il me tient bien informé
de ce qui vient de se passer
dans ma rue ou dans mon quartier.
Le lendemain c'est publié,
grâce à lui, je suis renseigné.
Avec peu de publicité,
son coût n'est pas exagéré,
il est souvent amélioré
pour maintenir sa primauté,
tous ses lecteurs sont satisfaits,
c'est un journal presque parfait!
------ retour à la table des matières -----
130
Nicolas et le potiron
Nicolas avait un jour récolté
un énorme potiron cultivé
dans le jardin qu'on lui avait prêté.
A quatre il avait fallu le porter.
Il avait été immortalisé
perché sur ce fruit à chair orangée
et dans le quotidien de la contrée,
dimanche, la photo devait passer.
Tenant absolument à l'acheter,
les commerçants du bourg étant fermés,
il fut donc obligé d'utiliser
sa voiture pour aller le chercher.
En rentrant, content de l'avoir trouvé,
il fut subitement interloqué
par un bruit sec le faisant sursauter:
son pare-brise venait de casser.
De l'essence il a fallu dépenser,
la voiture a dû être réparée,
ce morceau de papier lui a coûté,
mais il est très heureux de l'admirer !
------ retour à la table des matières -----
131
Nicolle tombe dans l'avaloir
Nos parents nous avaient indiqué
que le fossé était un danger,
mais cela était vite oublié
lorsque la pluie cessait de tomber.
En compagnie des copains du coin,
tous des jeunes, même des bambins,
nous adorions aller diriger
nos petits bateaux en bois cassé.
Chacun commençait par déposer
en haut du ruisseau son protégé,
puis le suivait et le débloquait
si, dans les herbes, il s'arrêtait.
Plus d'une fois, certains ont glissé,
le niveau n'étant pas élevé,
ils en ressortaient les pieds trempés
et cela nous faisait rigoler.
Arrivés en bas, sur l'avaloir,
les chaussettes mouillées, sans histoire,
étaient toutes enlevées et tordues
afin que tout passe inaperçu.
Mais un jour le drame est arrivé:
petite sœur Nicolle est tombée
et lentement était aspirée
dans l'avaloir resté non fermé.
Incapables de pouvoir l'aider,
nous étions tous là, restés figés,
muets, la regardant s'enfoncer,
sans aucun secours, dans l'eau troublée.
Quand par miracle, heureusement,
un bras l'a retirée vivement
pour l'emporter très rapidement
vers l'habitation de nos parents.
C'était Raoul, un fort grand garçon
qui surveillait depuis sa maison
la bande de jeunes écervelés,
lorsque l'incident est arrivé.
Notre sœur a vite été séchée,
le couvercle a été boulonné,
mais aucun de nous n'est retourné
guider un bateau dans le fossé.
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132
Notre bon vieux bus
Dès sept heures, il était attendu
à l'emplacement précis de la rue,
où, sous un petit abri non fermé,
tous les étudiants étaient entassés.
Par tous les temps, il a toujours roulé,
neige et verglas ne l'ont pas rebuté,
l'heure de départ était respectée,
ce n'était pas le cas pour l'arrivée!
La limite de charge dépassée,
lorsque la côte était trop enneigée,
plusieurs fois, il a fallu le pousser
malgré ses pneus, de chaînes, équipés.
Il traversait beaucoup de patelins
et son conducteur était un copain,
estimé, consciencieux, pas trop payé,
ne laissant personne sur le pavé.
Ce bon temps, fort lointain, a disparu,
de la poudreuse et le car ne sort plus,
les chauffeurs, mieux payés, sont attaqués,
est-on sûr d'avoir bien évolué?
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133
Pauvre artisan
Dès dix-huit ans, tu as travaillé
et tes heures tu n’as pas comptées.
Ton entreprise a très bien tourné
pendant un certain nombre d’années.
Des salaires tu en as versé,
et leurs charges tu les as réglées.
Mais hélas, un jour est arrivé
où la demande a diminué.
Les charges n’étant pas supprimées,
ton bénéfice s’est écroulé,
mais tu n’as pas voulu arrêter,
espérant la relance annoncée.
Et tu continues à végéter
et naturellement à payer,
pour le chômage et les retraités,
avec un minimum imposé
qui ne te permet de valider
qu’un trimestre par année bossée.
Lorsque ta retraite va sonner,
Quarante-sept ans seront passés,
tu ne te seras pas arrêté,
tu auras toujours dû cotiser,
mais très surpris tu vas constater
qu’il te manquera des annuités.
Ta pension va être laminée.
Mais pourquoi t’es-tu donc entêté
à travailler pour ne rien gagner ?
Tu aurais mieux fait de t’arrêter,
tu n’aurais plus rien eu à payer,
tes trimestres seraient validés,
des aides, tu aurais pu toucher ;
soixante ans, tu étais pensionné.
Une vérité nous est lancée :
« La répartition est conservée,
avec une solidarité. »
Mais pourquoi donc a-t-on oublié
celui qui ne peut pas se payer
les quatre annuités dans une année ?
En travaillant, il a peu gagné,
malgré cela, il a fort payé
pour ceux qui peuvent en profiter.
Retraité, il est pénalisé.
La solidarité, c’est l’aider
à récupérer des annuités !
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134
Petite bouchère
Toute la journée tu t’affaires
sur le comptoir réfrigéré,
aux clients, tu essaies de plaire,
malgré tes mains qui sont gelées.
Ton patron n'en a rien à faire.
Il ne pense qu'à amasser
en t'imposant des prix très chers,
tu es pourtant fort mal payée.
La viande, fumée ou salée,
préparée ou à découper,
fraîche et toujours bien conservée,
tu la vends pour la cuisiner.
Le soir, après avoir rangé,
tu peux enfin tout oublier,
te relaxer et apprécier
un morceau qui t'est réservé.
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135
Petite postière
Ou tu es enfin amoureuse
ou tu es un peu trop fatiguée.
Avant, ton décompte était parfait
et tous tes envois étaient complets.
Ce soir, en vieille fort curieuse,
en vérifiant j’ai dû constater
que dans ton pli cacheté manquaient
des planches de timbres et carnets.
Si tu imites la semeuse,
évite surtout d’utiliser,
en disséminant sur le parquet,
quelques vignettes que j’attendais.
Pour tes soirées de besogneuse,
tu as bien le droit de t'amuser,
mais pense à ce qu’il arriverait
si tous ces timbres semés collaient.
Ces vers venant d’une blagueuse,
destinés à une dévouée,
sont là pour demander s’il te plaît,
de compléter ce que tu devais.
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136
Prémonition et coincidences
Depuis une dizaine d'années,
sur une foire bien renommée,
un artisan venait exposer
le matériel qu'il avait créé.
N'étant pas toujours fort occupé,
il lui arrivait de consulter
toutes ces revues distribuées
sur les stands, en fin de matinée.
Machinalement, il entourait
tous les articles qui attiraient
une réflexion, et ramenait
le soir ces journaux qu'il détruisait.
Un matin, arrivant au bureau,
une annonce attira de nouveau
son regard et sa curiosité,
pourquoi n'avait-il pas tout jeté?
Pressentiment ou fatalité?
Sans aucune intention d'acheter
ni aucun motif pour l'expliquer,
il décida de téléphoner.
Le vendeur s'empressa d'expliquer
qu'il était impatient de céder,
car il cherchait depuis trois années
à vendre ce moulin arrêté.
Le mot fatidique était lâché,
car tout jeune il avait bien rêvé
d'un ruisseau avec roue entraînée,
mais cela s'était vite estompé.
Oubliant le travail projeté,
le couple s'en alla visiter
la réalité d'un songe âgé.
Enchanté, de suite il a signé.
Le moment venu par destinée,
le sort nous aide à réaliser
une ancienne espérance effacée,
cette chance, il faut l'attraper!
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137
Quand le chasseur devient shérif
Chaque samedi après-midi,
après avoir enfin tout fermé,
deux bons vieux commerçants fort unis
rentrent chez eux pour se reposer.
Leur résidence étant éloignée,
un long parcours est effectué
en dilettante, sans se presser,
dans leur voiture bien carrossée.
Un jour, alors qu'ils venaient d'entrer
dans un village de la contrée,
un véhicule les a doublés,
se rabattant pour les arrêter.
De cet engin bleu très haut perché,
en descendit un minus râblé,
gros porc à cartouchière serrée
sur une panse trop bedonnée.
Il ne cessa de les insulter,
les accusant "d'avoir provoqué
presque un accident devant son nez".
Aucun doute, il était bien bourré!
Nos deux vieux le laissèrent parler,
heureux de ne pas être tombés
sur un braqueur trop intéressé
par la recette de la journée.
Las de ne pas les voir réagir,
il s'en alla et les pneus rugirent.
Aussitôt, les pauvres agressés,
à la gendarmerie, sont allés.
Ils étaient en train de raconter
l'aventure à l'agent étonné,
lorsque le téléphone a sonné:
le gaillard avait réitéré.
Dans la soirée il fut arrêté
et de shérif, il s'est retrouvé
dans la cellule pour dégriser
la fin de chasse trop arrosée.
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138
Raymond
Comme beaucoup d’autres postiers,
il a été parachuté
dans ce village de Vouziers,
loin de celui où il est né.
Ce personnage très mordant,
au caractère détonnant,
à verbe haut et fort accent,
qui aime rouler dans le vent,
donne à cet établissement
un renouveau bien étonnant.
C’est aussi un très bon agent
qui sait faire sortir l’argent
de la caisse de ses clients,
mais il ne compte pas son temps.
Pechèèèère….. !
Hé con……… !
Ca, c’est Raymond !
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139
Rideau
A la maison, un voile tendu
derrière une fenêtre vitrée
cache les habitants de la vue,
pour protéger leur intimité.
En ville, devant les vitrines,
la fermeture métallique
est un remède fort pratique
contre la casse qui chagrine.
S'il vous est par malheur arrivé
d'être sur l'autoroute arrêté
avec un ou deux pneus éclatés,
en rideau, on vous a retrouvé.
Mais lorsque vous aurez terminé
de consulter ce livre rimé,
si vos yeux sont un peu fatigués,
rideau, allez vite vous coucher!
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140
Rosalie et l'achat fantome
Comme tous les bons commerçants,
Pascal un auteur accueillant,
donnait des arguments frappants
pour vendre un livre peu courant.
Rosalie, une potelée,
écoutait et laissait parler,
en acquiesçant sans arrêter
cet ancien, marchand chevronné.
Il était bien persuadé
que cette femme allait craquer
lorsqu'elle lui a annoncé
qu'elle venait de l'acheter.
Déçu, mais aussi fort troublé
par la concurrence annoncée,
il se permit de demander
où elle avait pu le trouver.
Elle, pas du tout inquiétée
par cette question décochée,
donna l'adresse, par bonheur,
de son sympathique imprimeur.
Chez lui cette œuvre est exposée
avec d'autres très renommées
pour faire sa publicité,
mais ne sera jamais cédée.
Juste pour ne pas refuser,
la cliente avait inventé
l'achat fantôme, en rusée.
Comme menteuse elle est fichée.
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141
Sa maison
Pour acheter une maison,
il faut avant tout travailler,
se priver pour pouvoir régler
le gros minimum imposé.
Quand vos souhaits sont dessinés
et que la commande est passée,
dès que les prêts sont débloqués,
le chantier pourra démarrer.
Mais souvent il faut patienter
et quelquefois même râler,
car l’entreprise est débordée
et tarde à venir commencer.
Si vos nerfs n’ont pas trop craqué,
quand le chantier va débuter,
n’ennuyez pas les ouvriers
car ils connaissent leur métier.
Votre maison est terminée,
quelques mois viennent de passer,
vous allez enfin respirer,
mais vous devrez toujours payer.
------ retour à la table des matières -----
142
Sa rentrée
Après beaucoup d’autres années
à l’école où elle était née,
elle est encore retournée
dans la grande université
pour pouvoir se spécialiser
et apprendre à bien enseigner.
La voici tout juste arrivée,
dans notre village éloigné,
enfin heureuse d’enseigner.
Tous les bambins vont l’embrasser.
Malgré son air décontracté,
elle appréhende sa rentrée.
La journée est vite passée.
Les enfants se sont amusés.
La maîtresse est bien acceptée.
Les portes vont se refermer
sur cette cour enfin vidée.
La jeune femme peut souffler.
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143
S'il n'y avait plus
S'il n'y avait plus tous ces voleurs,
de tout perdre, on n'aurait plus peur.
S'il n'y avait plus tous ces truands,
ce serait la fin des charlatans.
S'il n'y avait plus ces assassins,
des humains n'auraient plus de chagrin.
S'il n'y avait plus ces incendiaires,
certains ne perdraient plus leur chaumière.
S'il n'y avait plus ces dictateurs,
on dirait adieu aux massacreurs.
S'il n'y avait plus aucun menteur,
on verrait des files d'électeurs.
Il faut de tout pour faire un monde
sur cette terre qui est ronde,
mais, malgré les immenses gratte-ciel,
aucun maudit n'atteindra le ciel.
------ retour à la table des matières -----
144
Solange et l'agence postale
Dans un petit village en extension,
le maire avait reçu proposition
d'ouverture d'une agence postale,
à confier à un résident local.
Solange était la seule candidate
et les conseillers devaient en débattre.
L'édile expliquait à fond ce projet,
les élus en silence l'écoutaient,
quand soudain, très près de moi j'entendis,
lancé par un collègue et bon ami:
"C'est sûr qu'avec elle ça va marcher,
car elle est déjà à moitié timbrée!".
Perturbant aussitôt les conseillers,
un fou-rire nous a déconcentrés.
Avec un regard fort réprobateur,
le maire nous fit calmer notre ardeur
en nous expédiant immédiatement,
(sans timbre) à l'extérieur pour châtiment.
L'agence postale fut installée,
mais deux mois plus tard elle dut fermer.
Mon voisin Gérard, hélas, s'est trompé,
son jeu de mots était fort bien glissé,
mais sa certitude fut contestée.
Qu'importe on a quand même rigolé !
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145
Tatie et les "duduches"
Un gentil garçon nommé Denis
adorait écouter les histoires
racontées par tante Nathalie,
une fort belle brune aux yeux noirs.
Un récit qui l'avait bien marqué
parlait de "duduches" peu âgés
qui chantaient sur un air de polka:
"j'ai fait pipi, j'ai fait du caca".
Un matin, ils sont tous deux allés
pour les courses, en supermarché.
Ils tournaient, le petit s'amusait
et le caddie poussé s'emplissait.
Soudain Denis se mit à lancer:
"Tatie, les "duduches", les voilà"
en entendant un enfant crier:
"je veux faire pipi et caca".
Plus elle l'incitait à se taire,
plus l'enfant répétait son affaire!
Sur place, le caddie est resté
car Tatie a tout abandonné.
Notre pauvre Nathalie gênée,
en était devenue la risée.
Désormais, elle a sélectionné
les drôleries qu'elle va conter.
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146
Ton métier
Le manœuvre est fort mal payé
et en plus toujours fatigué.
Le dirigeant a plus d’argent,
mais il ne compte pas son temps.
Bandit ou escroc c’est risqué,
parfois assez rémunéré,
avec horaire minuté,
mais un jour il se fait pincer.
Le fonctionnaire est plus gâté.
Son traitement est assuré,
il peut souvent se reposer,
l'heure est avant tout respectée,
mais tu ne peux plus y entrer
si tu n’es pas surdiplômé,
ou très fortement pistonné
par un bon ami haut placé.
Hélas tu ne dois plus rêver,
le monde est bien désemparé,
même en étant très motivé,
c’est dur de se faire embaucher.
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147
UN NOUVEAU VIRUS
Depuis un certain nombre d'années
notre Géraldine était soignée
par un docteur de proximité,
mais son mal n'a pas voulu cesser.
Désirant l'avis autorisé
d'un grand spécialiste renommé,
ce médecin, en bon décideur,
la dirigea vers un professeur.
Dans le but d'avoir un rendez-vous,
elle appela, mais asseyez-vous
afin de ne pas tomber de haut,
pour entendre ceci, du bureau:
"Une consultation remboursée
sous six mois peut vous être donnée,
un rendez-vous libre monnayé
peut dans les dix jours être fixé".
Ce virus du type galopant
se montre de plus en plus souvent.
Il fait passer en priorité
toutes ces personnes fort aisées.
Hippocrate cite l'injustice
dans un serment qui est prononcé
par tout praticien en exercice,
pour obtenir le droit de soigner.
Ne faudrait-il pas éradiquer
ce germe qui cherche à infecter
le fleuron de notre société?
Docteurs, c'est à vous de le soigner !
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148
Une traversée spectaculaire
Ces années là, mon père travaillait
dans une usine où il effectuait
huit heures d'affilée en rotation,
ça lui laissait du temps pour deux passions:
Le jardinage autour de la maison
nous donnait des légumes de saison,
la pêche à la ligne dans la rivière,
d'énormes poissons dont il était fier.
Le dimanche, bien sûr, on le suivait;
pendant que ce papa doué pêchait
tous ces poissons que le soir on mangeait,
les enfants jouaient, maman tricotait.
Un jour, alors qu'il avait décidé
d'exercer son art de l'autre côté,
maman accepta de l'accompagner
et tous deux se mirent à traverser.
Ils se tenaient par la main et marchaient;
pas du tout inquiets, on les regardait,
lorsque soudain maman a basculé,
ses bottes pleines d'eau l'ont entraînée.
Papa heureusement la retenait,
à la forte traction, il résistait;
maman a enfin pu être sauvée
quand ses deux bottes se sont déchaussées.
Le retour vers nous fut de suite fait
pendant qu'au loin les bottes s'en allaient.
Bredouilles, heureux, nous sommes rentrés
et les parents sont allés jardiner.
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